28 février 1980 : un « second 228 » et le courage des médecins face au pouvoir

Retour sur le second 228 de 1980 et le rôle décisif des médecins de l’hôpital Ren’ai dans l'opposition au gouvernement taïwanais

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Le 28 février 1980, en pleine loi martiale, Taïwan connaît un épisode tragique qui marquera durablement sa mémoire politique : le meurtre de la mère et des deux filles de Lin Yi-hsiung (林義雄), figure majeure de l’opposition démocratique. Seule survivante, grièvement blessée de six coups de couteau, la jeune Lin Huan-jun (林奐均) est admise en urgence à l’hôpital municipal de Ren’ai à Taipei. Survenu trente-trois ans après le massacre du 28 février 1947, cet événement est souvent qualifié de « second 228 », tant il symbolise la persistance de la violence politique sous le régime autoritaire du Kuomintang. Au cœur de cette nuit décisive, une équipe médicale dirigée par le chirurgien thoracique Li Meng-da (李孟達) accomplit un acte qui dépasse la seule pratique clinique : sauver une vie et protéger une survivante dans un climat de pression sécuritaire extrême.

Une opération sous haute tension

Le 28 février 1980, vers 14h30, le Dr Li Meng-da est appelé aux urgences pour traiter une plaie thoracique grave. La patiente présente une tension artérielle quasi indétectable. Le protocole de choc hémorragique est immédiatement activé. La radiographie révèle un hémothorax massif et un affaissement pulmonaire. Un drain thoracique est posé.

Après une stabilisation partielle, une nouvelle dégradation impose une thoracotomie d’urgence à 18h. Le directeur de l’hôpital, Ke Hsien-chung (柯賢忠), décide d’opérer personnellement. Le professeur Hsieh Chien-min (謝健民) de l’Université nationale de Taïwan rejoint l’intervention. L’opération permet d’évacuer l’air et les caillots sanguins et de contrôler l’hémorragie.

Refuser l’accès au pouvoir sécuritaire

Après l’intervention, le Dr Li reste toute la nuit en unité de soins intensifs. Les jeunes chirurgiens assurent une présence continue 24 heures sur 24. À plusieurs reprises, des agents du Commandement général de la police militaire (警總) exigent d’entrer dans la chambre, invoquant protection ou enquête. Les médecins refusent catégoriquement.

En 1980, Taïwan demeure sous régime d’exception ; la levée de la loi martiale n’interviendra qu’en 1987. Protéger la survivante signifie aussi préserver un témoin potentiel dans une affaire politiquement sensible. Ce refus constitue un acte éthique majeur dans un contexte autoritaire.

Médecine et transition démocratique

Les témoignages publiés ultérieurement montrent que cette mobilisation collective traduisait une conscience aiguë du risque politique. Les funérailles des victimes furent retardées pendant près de cinq ans et la recherche d’un lieu d’inhumation donna lieu à de nombreuses entraves.

L’épisode de l’hôpital Ren’ai révèle la dimension morale de la médecine sous un régime autoritaire : soigner, mais aussi défendre la dignité humaine face à l’arbitraire. L’action de ces médecins s’inscrit dans l’histoire longue de la transition démocratique taïwanaise et rappelle que la protection des libertés peut aussi passer par des gestes silencieux mais déterminants.

L’essentiel à retenir

  • 🏥 Thoracotomie d’urgence le 28 février 1980.
  • ⚖️ Refus d’accès au Commandement militaire.
  • 🌙 Médecins en garde continue en ICU.
  • 📜 Contexte de loi martiale jusqu’en 1987.
  • 🕊️ Épisode clé de la mémoire démocratique taïwanaise.

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À propos de l'auteur

  • Luc

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