Licenciements ciblés et bras de fer social dans la Medtech taïwanaise

Crise sociale dans la Medtech taïwanaise : accusations de répression syndicale et intervention du ministère du Travail.
Copyright : Brian Hioe

Partager l'article

Derrière l’image d’une île championne des semi-conducteurs et des technologies médicales, les tensions sociales persistent. Dans un contexte où les travailleurs migrants occupent une place essentielle dans l’industrie manufacturière, l’affaire Taidoc révèle une fracture profonde entre discours économique et réalités sociales. La société Taidoc Technology Corporation (泰博科技), acteur majeur de la Medtech fondé en 1998, est accusée d’avoir licencié l’ensemble des dirigeants de son syndicat interne, tous travailleurs philippins. Pour les syndicats et les ONG, il s’agit d’une escalade claire dans une stratégie de répression syndicale. L’entreprise, elle, dénonce des “influences extérieures” et des atteintes à l’ordre industriel. Le conflit dépasse désormais le cadre interne : il pose la question du respect du droit du travail dans une industrie vitrine de l’économie taïwanaise.

Un licenciement collectif des dirigeants syndicaux

Le Taidoc Technology Labor Union (TTLU) affirme que tous ses dirigeants ont été licenciés après avoir dénoncé le renvoi préalable de leur présidente. Selon des documents internes, l’entreprise accuse les responsables syndicaux de “collusion avec des groupes extérieurs” et d’avoir terni la réputation de la société. Taidoc évoque également des violations contractuelles et une prétendue “grève illégale”.

Le syndicat rejette ces accusations et affirme avoir respecté le Labor Union Act. Sa présidente, Beth Basas, dénonce une stratégie claire de union busting, visant à intimider les salariés et à neutraliser toute organisation collective. Des militants du National Federation of Independent Trade Unions évoquent un climat de surveillance, d’interrogatoires individuels et de pressions internes destinées à dissuader l’adhésion syndicale.

Intervention des autorités et menaces d’amende

Face aux pétitions renouvelées du syndicat, le ministère du Travail a annoncé l’ouverture d’une enquête. Si des entraves au fonctionnement syndical sont confirmées, Taidoc pourrait écoper d’une amende comprise entre 100 000 et 500 000 NT$. Les organisations de défense des droits des travailleurs demandent également le gel temporaire de la capacité de l’entreprise à recruter de nouveaux travailleurs migrants tant que l’enquête est en cours.

L’entreprise conteste la légitimité du vote de grève, soulignant que seuls 38 membres sur près de 1 000 employés auraient participé. Elle évoque des irrégularités et accuse des acteurs externes, notamment le militant Lennon Wang, d’ingérence. Le syndicat rétorque que certains membres ont nié leur implication par crainte de représailles.

Un historique de controverses sociales

Taidoc produit des glucomètres, tensiomètres, thermomètres et équipements de diagnostic distribués mondialement, notamment durant la pandémie de COVID-19. Mais des organisations de défense des droits humains dénoncent depuis plusieurs années des pratiques controversées :

  • Discrimination liée à la grossesse envers des travailleuses migrantes
  • Règles strictes en dortoir avec contrôle des déplacements
  • Frais de courtage élevés pouvant créer des situations proches de l’endettement forcé
  • Sanctions disciplinaires appelées “cleaning punishment”, imposant des tâches supplémentaires non rémunérées

Certaines pratiques ont été suspendues après arbitrage avec le ministère du Travail, mais les tensions persistent.

Un cas test pour le modèle industriel taïwanais

Au-delà de Taidoc, l’affaire soulève une question politique : comment Taïwan, démocratie revendiquée et acteur clé des chaînes d’approvisionnement mondiales, protège-t-elle les droits des travailleurs migrants dans ses industries stratégiques ?

Les syndicats préviennent que si les autorités ne réagissent pas fermement, le dossier pourrait créer un précédent préoccupant pour l’organisation syndicale dans le secteur technologique.

L’essentiel à retenir

  • ⚖️ Licenciement collectif des dirigeants syndicaux migrants chez Taidoc.
  • 📜 Enquête ouverte par le ministère du Travail.
  • 💼 Accusations de répression syndicale et de surveillance interne.
  • 🏥 Entreprise majeure de la Medtech taïwanaise sous pression.
  • 🌏 Affaire sensible pour l’image sociale de Taïwan industriel.

*Cet article est une traduction d’un article original paru dans New Bloom Magazine

A lire également sur Insidetaiwan.net

💼 Prêt à construire ton avenir financier ?
📅 Clique ici ou sur la bannière pour prendre rendez-vous avec Benoît et poser les bases de ton futur dès aujourd’hui.


🤝 Programme d’affiliation 🤝

📌 Certains liens de cet article, ainsi que certaines images, renvoient vers des liens sponsorisés, permettant à Insidetaiwan.net de toucher une commission en cas d’achat, sans aucun coût supplémentaire pour vous. 💰 Cela nous aide à financer le magazine et à continuer à vous offrir un contenu indépendant et de qualité. 📖✨


💞 Soutenez-nous 💞

  • ⏯ Nous soutenir #financièrement
  • ⏯ S’inscrire à nos #Newsletters
  • ⏯ Nous suivre sur nos #réseaux sociaux
  • ⏯ Devenir #partenaire
  • ⏯ Proposer des #articles et du #contenu
  • ⏯ Découvrir nos offres #professionnelles (Publicités, Conseils…)

Pour découvrir nos offres rendez-vous sur la page dédiée (Nous soutenir) ou contactez-nous pour collaborer avec nous.

Partager l'article

À propos de l'auteur

  • Luc

    Fondateur du webzine francophone Insidetaiwan.net
    Consultant en développement international 🚀des entreprises en Asie du Sud-Est
    #Taiwan #Tourisme #Société #Culture #Business #Histoire #Foodie

    Voir toutes les publications

Vous aimez Inside Taïwan ?
Devenez acteur de ce projet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous à nos newsletters pour une exploration approfondie de Taiwan

Contenus sponsorisés