Mythes sur l’origine des Paiwan

Explorez les différents mythes sur l'origine du peuple Paiwan de Taïwan, illustrant leur riche patrimoine culturel et historique.

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Avec une population d’environ dix mille personnes, le peuple autochtone Paiwan de Taïwan constitue le troisième groupe ethnique formosan de l’île. Le territoire traditionnel des Paiwan s’étend des deux côtés de la partie méridionale de la chaîne de montagnes centrale de Taïwan. Leur patrie s’étend des hautes terres autour du mont Damumu vers le sud jusqu’aux plaines de la péninsule de Hengchun, à l’extrémité sud de l’île, ainsi qu’aux collines du sud-est et aux plaines côtières de Taïwan.

Les confédérations Paiwan sont composées de deux groupes principaux, eux-mêmes constitués de nombreuses unités autonomes plus petites et très diverses. Les bandes et les villages Paiwan sont traditionnellement présidés par des aristocraties locales qui supervisent les affaires politiques, militaires et religieuses de chaque unité.

Les Paiwan constituent une communauté autochtone fière et puissante du sud de Taïwan. Leur culture et leurs coutumes distinctes se reflètent dans leur art traditionnel, qui présente souvent des motifs de serpents sacrés inspirés de leur mythologie autochtone. Ces motifs symbolisent le pouvoir de l’aristocratie et le lien des Paiwan avec les dieux anciens. Ces symboles sont nés des nombreux récits d’origine du peuple Paiwan.

En raison de la nature décentralisée de la nation Paiwan, de nombreux récits décrivant l’histoire sur les origines de ce peuple ont vu le jour. Ces récits, souvent très différents, ont été transmis de génération en génération. Voici un échantillon d’un certain nombre de ces mythes et légendes Paiwan.

Première histoire

Dans les temps anciens, un dieu planta sur un rocher un pied de bambou qui, avec le temps, devint un grand et imposant bambou. Un jour, un puissant orage traversa la région. Le bambou fut frappé par la foudre et commença à brûler. De ses cendres émergea la première femme.

Au bout d’un certain temps, un autre orage puissant s’abattit sur la région. Cette fois, le rocher situé sous le bambou fut frappé par la foudre et se fendit en deux. Du rocher émergea un grand serpent, que la Première Femme s’empressa d’attraper et de dévorer.

Après avoir dévoré le serpent, la Première Femme tomba enceinte. Elle donna bientôt naissance à des jumeaux, un garçon et une fille, qui devinrent les ancêtres du peuple Paiwan.

Deuxième histoire

Dans un passé lointain, le soleil est descendu sur terre et a pondu deux œufs. L’un de ces œufs était doré et l’autre bleu ciel. Une fois les œufs pondus en toute sécurité, le soleil nomma une vipère de fosse, connue sous le nom de « Hundred-Pacer » (cent pas), comme gardienne des œufs. La vipère s’enroula autour des œufs du soleil et veilla sur eux avec vigilance.

Finalement, de l’œuf doré naquit un petit garçon et de l’œuf bleu, une petite fille. Ils devinrent les ancêtres des Paiwan.

Une autre version de l’histoire raconte que quatre œufs sont nés du Soleil. Deux d’entre eux étaient gardés par un serpent vert géant et c’est d’eux que sont sortis les ancêtres des habitants de Paiwan. Les deux autres étaient gardés par le cent-pasteur, dont sont sortis les nobles de la société Paiwan.

Serpent à Taïwan – Copyright : Taiwan Info

Troisième histoire

Il y a très longtemps, dans le village austronésien de Kumauan, dans le sud de Taïwan, vivait une déesse.

Un jour, alors que la déesse se dirigeait vers un lac voisin pour y puiser de l’eau potable, elle remarqua deux œufs de serpent posés sur l’herbe près de son chemin. L’un d’eux était né d’un cent-pasteur et l’autre d’une vipère de Pit à taches brunes. La déesse ramassa les œufs et les ramena chez elle.

Peu de temps après, chaque œuf donna naissance à deux bébés humains. L’œuf du cent-pas a donné naissance aux ancêtres des Paiwan et l’œuf de la vipère à long bec à taches brunes a donné naissance aux gens du peuple.

Quatrième histoire

Une autre histoire d’origine Paiwan mettant en scène des serpents parle d’un énorme bambou qui poussait au sommet du mont Dawu, dans le sud de Taïwan.

Un jour, le bambou s’ouvrit soudainement et de l’intérieur surgirent de nombreux bébés serpents. Avec le temps, ces bébés serpents devinrent adultes et, au fur et à mesure de leur croissance, se transformèrent en humains. Ils sont devenus les ancêtres du peuple Paiwan.

Cinquième histoire

Il y a très longtemps, à un endroit connu sous le nom de Kinabakang, se trouvait un gros rocher au sommet d’une montagne sacrée.

Un jour, le rocher s’ouvrit et des crevasses sortirent un homme et une femme. Ils se marièrent et eurent une descendance. Mais leur premier enfant était un serpent et le second était aveugle. D’autres tentatives de conception produisirent des bébés sans tête, sans bras ou sans jambes. Enfin, après de nombreuses autres tentatives, ils mirent au monde une paire de jumeaux physiquement complets, un garçon et une fille.

Leur nombre s’est ensuite multiplié et ces personnes sont devenues les ancêtres du peuple Paiwan.

*Ce texte est traduit de l’anglais avec l’aimable autorisation du site Islandfolklore.com.
Retrouvez l’article original en cliquant sur le lien suivant.


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À propos de l'auteur

  • Island Folklore

    Island Folklore est un répertoire en ligne des contes populaires, de l'histoire, des légendes, des mythes et des traditions de Taïwan : Des contes autochtones austronésiens aux récits des colons sinisés, des coutumes importées par les colons japonais aux croyances introduites par les missionnaires indo-européens.

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