Peace Memorial Day : Que fête-on aujourd’hui ?

Histoire du 28 février à Taïwan, reconnaissance légale, débats économiques et mémoire démocratique autour de l’Incident 228.

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Le 28 février constitue à Taïwan une date centrale du calendrier civique. Le Jour de la paix commémore les victimes de l’Incident du 28 février 1947, événement fondateur de l’histoire politique contemporaine de l’île. Institué en 1995, devenu jour férié national en 1997, il marque la première reconnaissance légale d’un traumatisme longtemps occulté. Son évolution reflète les tensions entre mémoire, droit et économie.

Une commémoration née d’un long combat mémoriel

Le Jour de la paix rend hommage aux victimes de l’Incident du 28 février 1947, épisode déclenché par une répression violente à Taipei puis étendu à l’ensemble de l’île. Pendant des décennies, le sujet reste tabou. À partir de la fin des années 1980, les familles de victimes et les acteurs du mouvement de réhabilitation du 28 février demandent reconnaissance et réparation.

En 1995, le Yuan législatif adopte la Loi sur le traitement et l’indemnisation de l’Incident du 28 février, qui fixe le 28 février comme journée commémorative non chômée. Le ministère de l’Intérieur modifie le règlement sur les jours commémoratifs et lui donne le nom officiel de « Jour de la paix ». L’État reconnaît juridiquement les victimes et engage un processus d’indemnisation.

1997 : du jour commémoratif au jour férié national

Le statut du 28 février évolue rapidement. En février 1997, après débats parlementaires, le Yuan législatif vote la modification de la loi : le 28 février devient jour férié national. Il s’agit du premier jour commémoratif inscrit dans la loi comme jour chômé.

Cette décision suscite un débat économique. Les organisations patronales avancent une hausse des coûts salariaux et une baisse de la production industrielle. Les estimations officielles évoquent une augmentation significative des coûts pour les entreprises et une contraction temporaire de l’activité. Les syndicats soutiennent au contraire la mesure au nom de la justice historique. Le gouvernement engage alors une réforme structurelle du calendrier du travail.

Lien avec la mise en place du week-end de deux jours

La reconnaissance du 28 février comme jour férié accélère la réflexion sur le week-end de deux jours. Dès 1997, l’Exécutif propose une réorganisation globale des jours fériés afin de maintenir la compétitivité économique. Plusieurs jours commémoratifs sont transformés en demi-journées ou déplacés vers le samedi.

À partir de 1998, Taïwan adopte progressivement un système de deux jours de repos hebdomadaires, réduisant la dépendance aux jours fériés isolés. Le 28 février conserve néanmoins son statut légal de jour férié, malgré plusieurs tentatives de révision au début des années 2000. Les projets visant à le rendre non chômé échouent face à l’opposition parlementaire et à la pression de l’opinion publique.

Rituels officiels et politique du drapeau en berne

Chaque année, le gouvernement organise des cérémonies officielles. Les autorités déposent des gerbes dans les parcs mémoriels, notamment au parc 228 de Taipei. Le drapeau national est mis en berne et une minute de silence est observée dans de nombreuses administrations et écoles.

La question de la mise en berne a suscité des controverses locales. En 2006, un règlement encadre officiellement cette pratique. Certaines collectivités refusent ponctuellement d’appliquer la directive, révélant les fractures mémorielles persistantes. Malgré ces tensions, la pratique s’est consolidée comme norme nationale.

Une date qui structure la mémoire démocratique

Le Jour de la paix ne se limite pas à une journée chômée. Il représente la reconnaissance d’une violence d’État, l’affirmation d’une mémoire pluraliste et l’intégration du passé dans l’éducation civique. Depuis la réforme des programmes scolaires à la fin des années 1990, l’Incident du 28 février figure dans les manuels d’histoire.

Le 28 février constitue aujourd’hui un marqueur central de l’identité démocratique taïwanaise. Il articule trois dimensions : mémoire des victimes, débat institutionnel sur le calendrier national et affirmation d’un État de droit.

🧭 L’essentiel à retenir

  • 🕊️ Le 28 février commémore les victimes de l’Incident de 1947.
  • 📜 La date devient journée commémorative en 1995.
  • 🏛️ Elle devient jour férié national en 1997.
  • 📉 La décision déclenche un débat sur les coûts économiques.
  • 🗺️La journée structure la mémoire démocratique de Taïwan.

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À propos de l'auteur

  • Luc

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