Demain se tient la Journée internationale des droits des femmes. Cette date rappelle les combats menés pour l’égalité politique, sociale et économique. Parmi les revendications centrales figure l’égalité salariale entre femmes et hommes. Malgré des avancées législatives et une participation féminine élevée au marché du travail, l’écart de rémunération persiste dans de nombreux pays, y compris à Taïwan. À travail équivalent, les femmes continuent de percevoir en moyenne un salaire inférieur à celui des hommes. La réduction de cet écart reste l’un des principaux chevaux de bataille de cette journée, car elle conditionne l’autonomie économique, la justice sociale et l’égalité réelle.
Quelques données statistiques
À Taïwan, l’Equal Pay Day matérialise le nombre de jours supplémentaires que les femmes doivent travailler pour atteindre le revenu annuel des hommes. Selon les données de la Direction générale du budget, de la comptabilité et des statistiques (DGBAS), l’écart salarial de genre se situe généralement entre 14 % et 16 % ces dernières années. Concrètement, pour 100 NTD gagnés par un homme (≈2,71 €), une femme perçoit en moyenne entre 84 et 86 NTD (≈2,28 à 2,33 €). Taïwan se classe parmi les économies asiatiques les plus avancées en matière d’égalité formelle, mais l’écart demeure structurel. Il concerne le salaire horaire moyen, les revenus annuels et la progression de carrière.
L’enseignement supérieur féminin affiche des taux élevés, parfois supérieurs à ceux des hommes, mais cette réussite académique ne se traduit pas mécaniquement par une égalité salariale. L’écart s’accentue avec l’âge et la maternité, et il est plus marqué dans certains secteurs industriels. La question dépasse le simple différentiel de rémunération : elle touche à la structure du marché du travail, à la répartition des responsabilités familiales et aux mécanismes de promotion interne.
Charge domestique, vieillissement et pénalité maternelle
La double journée demeure un facteur déterminant. À Taïwan, malgré une forte participation féminine au marché du travail, les femmes assument encore la majorité des tâches domestiques et du soin aux enfants et aux personnes âgées. Le vieillissement rapide de la population accroît la pression sur les familles, notamment pour la prise en charge des parents dépendants. Cette charge invisible influence les choix professionnels et limite la disponibilité pour les heures supplémentaires ou les postes exigeant une mobilité accrue. La pénalité maternelle pèse sur les trajectoires salariales : après une naissance, les revenus des femmes progressent plus lentement que ceux des hommes.
Taïwan prévoit un congé parental indemnisé et des dispositifs d’assurance couvrant une partie du salaire, mais leur usage reste majoritairement féminin. Cette asymétrie renforce l’idée que la responsabilité familiale repose sur les femmes. Les interruptions de carrière, le temps partiel ou les transitions vers des postes plus flexibles réduisent le revenu cumulé sur le long terme. Les statistiques montrent que l’écart salarial s’élargit après 30 ans, âge correspondant souvent à la maternité. La dimension familiale constitue ainsi un levier central dans la persistance des inégalités économiques.
Ségrégation sectorielle et plafond de verre
L’économie taïwanaise repose fortement sur les semi-conducteurs, l’électronique et l’industrie manufacturière. Ces secteurs stratégiques, mieux rémunérés, restent majoritairement masculins dans les postes techniques supérieurs et les fonctions exécutives. Les femmes sont davantage présentes dans l’éducation, la santé, le commerce et les services administratifs, secteurs où les rémunérations moyennes sont plus faibles. Cette ségrégation professionnelle contribue mécaniquement à l’écart salarial global. Le phénomène du plafond de verre limite également l’accès aux postes de direction.
Bien que Taïwan affiche une représentation féminine élevée au Parlement, la proportion de femmes dirigeantes dans les grandes entreprises cotées reste inférieure à celle des hommes. Les promotions vers les niveaux intermédiaires de management constituent un point de blocage déterminant, car la progression salariale dépend fortement de ces premières responsabilités hiérarchiques. Les filières STEM enregistrent une participation féminine croissante, mais les écarts demeurent dans les fonctions d’ingénierie avancée et de direction technique. L’organisation du travail, souvent fondée sur de longues amplitudes horaires, pénalise indirectement les salariées ayant des responsabilités familiales. Cette combinaison de facteurs structurels entretient un différentiel durable.
Cadre juridique, discrimination résiduelle et perspectives
Taïwan dispose d’un cadre légal avec le Gender Equality in Employment Act, qui interdit toute discrimination salariale fondée sur le sexe. Les infractions peuvent entraîner des amendes pouvant atteindre 300 000 NTD (≈8 130 €) selon la gravité des faits. Toutefois, la mise en œuvre repose largement sur les plaintes individuelles, et la transparence salariale demeure limitée. Les entreprises ne publient pas systématiquement les écarts de rémunération internes. Même à qualification équivalente, un écart inexpliqué subsiste, lié à des biais implicites ou à des critères subjectifs d’évaluation.
Les femmes autochtones, migrantes ou en situation de handicap peuvent cumuler des vulnérabilités supplémentaires. Les écarts se creusent avec l’âge, notamment après 55 ans. Réduire durablement l’écart salarial implique des réformes structurelles : généralisation de la transparence des rémunérations, partage effectif du congé parental, développement des services publics de garde et promotion des femmes dans les secteurs stratégiques. L’égalité salariale constitue un indicateur clé de la compétitivité et de la cohésion sociale.
L’essentiel à retenir
- 📊 L’écart salarial à Taïwan reste autour de 15 %.
- 👩👧 La pénalité maternelle amplifie les inégalités.
- 🏭 Les secteurs technologiques stratégiques restent masculins.
- ⚖️ La loi existe mais la transparence salariale reste limitée.
- 🔄 Le partage des responsabilités familiales est déterminant.
A lire également sur Insidetaiwan.net

🌏✨ Envie d’un voyage à Taïwan sur-mesure et sans stress ? Cliquez, lancez une visio avec un expert local Planexplora et construisez votre itinéraire en direct ! 🚀
🤝 Programme d’affiliation 🤝
📌 Certains liens de cet article, ainsi que certaines images, renvoient vers des liens sponsorisés, permettant à Insidetaiwan.net de toucher une commission en cas d’achat, sans aucun coût supplémentaire pour vous. 💰 Cela nous aide à financer le magazine et à continuer à vous offrir un contenu indépendant et de qualité. 📖✨
💞 Soutenez-nous 💞
- ⏯ Nous soutenir #financièrement
- ⏯ S’inscrire à nos #Newsletters
- ⏯ Nous suivre sur nos #réseaux sociaux
- ⏯ Devenir #partenaire
- ⏯ Proposer des #articles et du #contenu
- ⏯ Découvrir nos offres #professionnelles (Publicités, Conseils…)
Pour découvrir nos offres rendez-vous sur la page dédiée (Nous soutenir) ou contactez-nous pour collaborer avec nous.