Peng Meng-chi (彭孟緝, 1908–1997) est un officier supérieur de l’armée de la République de Chine dont le nom reste associé aux événements du 28 février 1947 à Kaohsiung. Formé à l’Académie militaire de Whampoa, engagé dans l’Expédition du Nord puis dans la guerre sino-japonaise, il appartient au noyau dur de l’appareil militaire nationaliste. En 1946, il est nommé commandant du Kaohsiung Fortress Headquarters (高雄要塞司令部), structure chargée de la défense stratégique du port et du Sud de l’île après la fin de la colonisation japonaise.
Lorsque l’Incident 228 éclate et s’étend vers le Sud début mars 1947, il reçoit des pouvoirs élargis pour rétablir l’ordre. À Kaohsiung, les décisions prises entre le 4 et le 7 mars constituent un épisode majeur de la répression. Arrestations, opérations militaires urbaines et exécutions sommaires placent Peng Meng-chi (彭孟緝) au centre de la séquence. Son action dans la ville marque durablement la mémoire politique locale.

Un officier de carrière au service de l’État nationaliste
Né en 1908 dans le Hubei, Peng Meng-chi (彭孟緝) suit une formation militaire classique des cadres du Guomindang. Diplômé de la 5e promotion de l’Académie militaire de Whampoa dans l’arme de l’artillerie, il participe aux campagnes de l’Expédition du Nord puis poursuit une formation au Japon dans une école d’artillerie de campagne. Durant la guerre sino-japonaise, il prend part à plusieurs batailles majeures et accède à des fonctions de commandement dans l’artillerie.
Après 1945, dans le contexte de la reprise de Taïwan par la République de Chine, il est affecté à Kaohsiung en 1946 comme commandant du Kaohsiung Fortress Headquarters. Cette fonction lui confère l’autorité sur les installations stratégiques du port et sur un dispositif militaire installé notamment dans la zone de Shoushan. Son rôle est d’assurer la défense et le maintien de l’ordre dans une région clé pour l’économie et la logistique de l’île.
Au moment où éclate l’Incident 228 en février 1947, Peng Meng-chi (彭孟緝) dispose déjà d’un appareil militaire structuré. Il agit dans un cadre hiérarchique placé sous l’autorité de Chen Yi (陳儀), chef de l’administration provinciale. Cette position institutionnelle explique son implication directe dans la gestion militaire des troubles à Kaohsiung.
4–6 mars 1947 : négociations, rupture et décision d’engager la force
Début mars 1947, les troubles qui ont commencé à Taipei atteignent Kaohsiung. Des comités locaux liés à l’Incident 228 se forment et des rassemblements ont lieu autour des bâtiments publics. Le 4 mars, Chen Yi (陳儀) désigne Peng Meng-chi (彭孟緝) comme « commandant de défense du Sud » (南部防衛司令), élargissant son autorité sur les unités stationnées dans la région, notamment des éléments de la 21e division.
Le 5 mars, des tensions se concentrent autour du quartier du fort et des infrastructures stratégiques. Des représentants civils sollicitent une rencontre avec Peng Meng-chi (彭孟緝). Le 6 mars au matin, une délégation comprenant des responsables municipaux et des membres du comité de traitement de l’Incident 228 à Kaohsiung est reçue. Au cours de la réunion, des propositions qualifiées de « clauses de paix » sont présentées. La discussion échoue.
À l’issue de l’entretien, Peng Meng-chi (彭孟緝) ordonne la fouille des représentants et fait arrêter plusieurs d’entre eux. Dans l’après-midi du 6 mars, il donne l’ordre à des unités d’environ trois cents hommes de descendre vers le centre-ville. Les forces visent le siège du gouvernement municipal, la gare de Kaohsiung et le lycée de Kaohsiung. Les troupes ouvrent le feu et utilisent des grenades. Les affrontements provoquent de nombreuses victimes civiles. Les opérations se poursuivent dans la nuit et au matin du 7 mars.
Arrestations, exécutions et transfert du contrôle militaire
Après l’assaut du 6 mars, plusieurs personnes arrêtées lors de la réunion sont détenues dans l’enceinte du fort. Le 7 mars, un jugement militaire rapide condamne à mort trois représentants arrêtés la veille. Ils sont exécutés le 9 mars dans le périmètre du Kaohsiung Fortress Headquarters. Ces exécutions constituent un moment central de la répression locale.
Le 12 mars, des unités supplémentaires de la 21e division arrivent à Kaohsiung. Peng Meng-chi (彭孟緝) transfère progressivement les opérations de « pacification » aux troupes régulières. La ville passe sous contrôle militaire renforcé. Les arrestations se multiplient dans le cadre plus large de la répression qui s’étend à l’ensemble de l’île.
Dans ses mémoires publiés ultérieurement, Peng Meng-chi (彭孟緝) affirme avoir considéré l’usage de la force armée comme nécessaire pour « rétablir l’ordre ». Il soutient avoir agi dans un contexte de menace contre les installations militaires et les personnels venus du continent. D’autres sources, dont des télégrammes de mars 1947, indiquent que des autorités locales demandaient à limiter l’intervention militaire. Ces divergences nourrissent un débat historiographique sur la part d’initiative personnelle et la chaîne de commandement effective.
Mémoire, controverses et héritage politique
Le rôle de Peng Meng-chi (彭孟緝) à Kaohsiung pendant l’Incident 228 lui vaut le surnom de « boucher de Kaohsiung » dans une partie de l’opinion publique. Des familles de victimes et des associations mémorielles lui attribuent une responsabilité directe dans les morts survenues les 6 et 7 mars 1947. Son nom est régulièrement évoqué dans les débats sur la justice transitionnelle à Taïwan.
Après 1947, sa carrière se poursuit. Il occupe des postes majeurs : commandant en chef de l’armée de terre, chef d’état-major général, ambassadeur en Thaïlande puis au Japon, conseiller stratégique du président. Il reçoit en 1965 la décoration du Ciel bleu et du Soleil blanc. Cette trajectoire illustre la reconnaissance institutionnelle dont il bénéficie au sein du régime nationaliste.
Des controverses persistent après sa mort en 1997. Des débats surgissent sur son éventuelle inhumation dans des sanctuaires militaires, sur les recherches historiques concernant mars 1947 à Kaohsiung et sur l’interprétation de ses responsabilités. En 2023, un tribunal de Taipei rappelle, dans une affaire liée à une polémique politique, que l’usage d’une expression visant sa mémoire relevait de la liberté d’expression.
Peng Meng-chi (彭孟緝) demeure ainsi une figure centrale pour comprendre la dimension militaire de l’Incident 228 dans le Sud de Taïwan.
🧭 L’essentiel à retenir
- 📍 Peng Meng-chi (彭孟緝) commande le Kaohsiung Fortress Headquarters en 1947.
- ⚖️ Le 6 mars, l’échec d’une négociation précède l’intervention armée.
- 🔫 Les opérations contre le centre-ville causent de nombreuses victimes civiles.
- 🏛️ Trois représentants arrêtés sont exécutés le 9 mars 1947.
- 🕊️ Son rôle reste au cœur des débats sur la mémoire du 228 à Taïwan.
A lire également sur Insidetaiwan;net

5% de remise avec le code : InsideTaiwan
🚀 Prêt à rester connecté à Taïwan sans stress ?
Active ton eSIM Saily en quelques clics, choisis ton forfait (dès 3,43 €) et navigue sans coupure dans plus de 200 pays. *
👉 Installe l’app et obtient 5% de remise sur ton 1er achat sur ton premier achat. Avec le code : InsideTaiwan
🤝 Programme d’affiliation 🤝
📌 Certains liens de cet article, ainsi que certaines images, renvoient vers des liens sponsorisés, permettant à Insidetaiwan.net de toucher une commission en cas d’achat, sans aucun coût supplémentaire pour vous. 💰 Cela nous aide à financer le magazine et à continuer à vous offrir un contenu indépendant et de qualité. 📖✨
💞 Soutenez-nous 💞
- ⏯ Nous soutenir #financièrement
- ⏯ S’inscrire à nos #Newsletters
- ⏯ Nous suivre sur nos #réseaux sociaux
- ⏯ Devenir #partenaire
- ⏯ Proposer des #articles et du #contenu
- ⏯ Découvrir nos offres #professionnelles (Publicités, Conseils…)
Pour découvrir nos offres rendez-vous sur la page dédiée (Nous soutenir) ou contactez-nous pour collaborer avec nous.