Est-il vrai que les Taïwanaises préfèrent les étrangers aux hommes locaux ?

Découvrez la vérité sur les relations entre femmes taïwanaises et étrangers loin des clichés habituels sur la société de l'île.

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Récemment je discutais avec un ami en France et il me demandait s’il y avait l’équivalent des Gajin Hunter japonaises ici. La réponse est globalement non : les Taïwanaises ne préfèrent pas les expatriés, c’est souvent un effet d’optique lié à nos cercles sociaux. À Taipei (臺北), la visibilité des couples mixtes dans les quartiers branchés crée ce mythe tenace. En réalité, cette préférence supposée vient surtout de la bulle sociale étroite dans laquelle évoluent les nouveaux arrivants occidentaux.

Le mirage statistique de la bulle expatriée

Quand on débarque avec un visa de travail, on s’installe souvent près de Xinyi (信義) ou Zhongshan (中山). On y croise des centaines d’expatriés au bras de locales, ce qui fausse totalement notre perception de la société. Sur les 23 millions d’habitants, la part des mariages avec des Occidentaux reste infime, bien loin derrière les unions avec des conjoints d’Asie du Sud-Est ou de Chine.

La plupart des femmes taïwanaises n’ont jamais eu de rendez-vous galant avec un étranger et ne le souhaitent pas forcément. Ce sentiment de « préférence » est un pur produit des quartiers internationaux où la mixité est la norme.

Chiffres des mariages mixtes en 2024

Sexe du conjoint étrangerNombre d’unionsProfil type du couple
Femmes étrangères15 128Souvent épouses d’Asie du Sud-Est ou de Chine.
Hommes étrangers7 341Souvent expatriés occidentaux ou cadres japonais/coréens.

Les chiffres disent qu’elles sont 7 341 à avoir franchi le pas officiellement l’an dernier, soit environ 6 % de l’ensemble des mariages féminins de l’île en 2024. 2 fois moins que les hommes taïwanais. On est loin de l’invasion, mais c’est assez pour alimenter toutes les discussions en terrasse de Zhongshan !

Les lieux de rencontre filtrent les profils ouverts

Si vous passez vos soirées au Majestic Square (花博公園) ou au Brass Monkey, vous rencontrerez forcément des femmes qui maîtrisent l’anglais. C’est le cas de Mei-ling (美玲), une designer de 28 ans, qui sort exclusivement avec des Européens depuis trois ans. Elle m’avoue que ce n’est pas une question de physique, mais de mentalité.

Elle recherche une relation plus égalitaire dans la gestion des tâches ménagères, un point qui reste parfois sensible avec les hommes locaux plus traditionnels. Ces lieux agissent comme des aimants sociaux pour celles qui rejettent les codes amoureux classiques de l’île.

Le poids des ancêtres bloque souvent les unions

La réalité est beaucoup moins fun quand on franchit le seuil de la maison familiale. Pour beaucoup de parents, un gendre qui ne parle pas le mandarin (國語) est une source d’angoisse immense. Liling (丽玲) me racontait que son père a refusé de s’asseoir à la même table que son copain américain pendant plus de 3 ans.

Les grands-mères (A-ma 阿嬤) craignent souvent que leur petite-fille ne finisse par déménager à 10 000 kilomètres, privant la famille de sa présence pour les fêtes ancestrales. La pression sociale est telle que de nombreuses femmes renoncent à fréquenter des étrangers pour éviter ce conflit permanent.

Le phénomène CCR fait rage sur le web local

Sur les forums comme PTT, le terme CCR (Cross-Cultural Romance) est souvent utilisé de manière moqueuse, voire agressive. Les hommes locaux y déversent parfois leur frustration, accusant les femmes de préférer les « visages pâles » pour le statut social ou l’argent.

C’est un débat qui génère des milliers de commentaires chaque semaine. Pourtant, un expatrié gagne en moyenne entre 60 000 NTD et 90 000 NTD (1 621 € et 2 432 €), ce qui ne suffit pas à impressionner les classes moyennes supérieures de Taipei qui possèdent déjà des appartements valant des millions.

La barrière culturelle reste un défi au quotidien

Sortir avec une locale facilite l’apprentissage des points de culture, mais cela demande un effort d’adaptation colossal des deux côtés. Chun-lan (春蘭), en couple avec un ingénieur italien, explique que les disputes éclatent souvent sur des détails comme la gestion du budget, l’éducation des futurs enfants et bien sûr la cuisson des pâtes !!!!

Et elle rigole en disant que son copain a mis deux ans à comprendre pourquoi elle ne pouvait pas dire « non » directement à sa mère alors que lui même ne dit jamais non à sa « Mamma » ! Ces ajustements invisibles prouvent que la relation mixte n’est pas un long fleuve tranquille, mais un véritable travail de diplomatie permanent.

L’amour n’est pas une question de passeport

Au bout du compte, si une femme taïwanaise choisit un étranger, c’est rarement par calcul ou par haine de son pays. Elle tombe amoureuse d’une personnalité qui résonne avec ses propres aspirations, souvent plus libérales ou cosmopolites.

Les couples binationaux qui réussissent sont ceux qui dépassent le stade de la curiosité exotique pour construire un projet de vie solide à Taïwan. Finalement, ce n’est pas l’étranger qu’elles préfèrent, c’est la liberté d’aimer qui elles veulent, loin des jugements de la société ou des attentes pesantes des familles traditionnelles.

L’essentiel à retenir

  • 🫧 La théorie de la bulle fait croire à une préférence massive qui n’existe que dans certains quartiers de Taipei.
  • 🗣️ La maîtrise de la langue et des codes internationaux est le principal point de rapprochement entre locaux et expatriés.
  • 👵 Les familles traditionnelles et les grands-parents exercent une pression forte contre l’intégration de gendres étrangers non sinophones.
  • 💻 Le terme CCR sur les forums taïwanais illustre les tensions et les clichés qui entourent les couples mixtes aujourd’hui.
  • 💍 Le choix du partenaire est lié à une affinité de valeurs personnelles plutôt qu’à un simple attrait pour la nationalité.

Foire aux Questions

Est-ce que sortir avec un étranger est mal vu à Taïwan ?

Ce n’est pas mal vu par la jeunesse urbaine, mais cela peut créer des tensions dans les milieux ruraux ou traditionnels. Le regard des autres sur le CCR (Cross-Cultural Romance) reste parfois critique sur les réseaux sociaux locaux.

Quel salaire faut-il pour rassurer une belle-famille taïwanaise ?

Le seuil de confort psychologique commence souvent autour de 80 000 NTD (2 162 €) par mois. Cela prouve que l’expatrié peut subvenir aux besoins du foyer sans que la famille doive aider financièrement le couple.

Les Taïwanaises parlent-elles toutes anglais ?

Loin de là, le niveau est très hétérogène. La majorité des femmes parlent exclusivement mandarin ou taïwanais (Tâi-gí), ce qui limite naturellement les rencontres avec les expatriés qui ne font pas l’effort d’apprendre la langue locale.

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À propos de l'auteur

  • Luc

    Fondateur du webzine francophone Insidetaiwan.net
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