De la Sorbonne aux confins de la Chine, des paysages du Liban en guerre aux gratte-ciels de Dubaï, le parcours de Juliette Kudlikowski est celui d’une femme dont les racines sont faites de mouvement. Enseignante, directrice d’école et mère de trois enfants nés sur trois continents différents, elle a consacré plus de vingt ans à l’enseignement du français à l’étranger, voyant dans chaque escale une opportunité de bâtir des ponts entre les cultures.
Aujourd’hui Directrice de la section primaire du Lycée Français de Taipei (TES), Juliette ne se contente pas de diriger une institution ; elle s’investit pleinement dans le tissu humain de l’île. Récemment nommée Secrétaire de l’Association des Français de Taïwan (AFT) et engagée comme îlotière, elle met son expérience de la gestion de crise et son sens profond de la solidarité au service de la communauté francophone.
📷 : Toutes les photos de cet article nous ont été fournies par Juliette Kudlikowski
Peux-tu te présenter en quelques mots et nous raconter ton parcours avant d’arriver à Taïwan ?
Je m’appelle Juliette Kudlikowski. Je suis enseignante, directrice d’école, mère de trois enfants nés dans trois pays différents, et surtout une femme dont le parcours s’est construit autour d’une idée simple : créer du lien entre les personnes, les langues et les cultures.
Après des études d’anglais à la Sorbonne, j’ai choisi très tôt de consacrer ma vie professionnelle à l’enseignement français à l’étranger et à la promotion de la France dans le monde. Depuis 1999, j’ai enseigné et dirigé des établissements français dans des contextes très variés : en Chine, au Maroc, au Liban, en France, à Dubaï, à Singapour, de nouveau à Dubaï, puis à Alexandrie avant d’arriver à Taïwan.
Ces expériences m’ont appris qu’une communauté française à l’étranger n’est jamais seulement une addition de familles expatriées. C’est un tissu humain fragile et précieux, fait de nouveaux arrivants, de familles binationales, d’enfants plurilingues, de parents parfois déroutés, de personnes très autonomes mais aussi parfois isolées. C’est ce que j’ai pu observer dans tous les pays où j’ai vécu.

Mon parcours professionnel a été très marqué par l’éducation, mais aussi par la coopération. Au Liban, par exemple, j’ai travaillé au SCAC (NDR : Service de Coopération et d’Action Culturelle) dans le domaine de la coopération linguistique et éducative, en accompagnant un réseau de plus de 250 écoles libanaises engagées dans un programme français. Cette expérience m’a profondément marquée, parce qu’elle m’a montré à quel point la langue, l’école et la culture peuvent être des espaces de rencontre, de confiance et de construction commune. J’y ai aussi vécu plusieurs guerres civiles et la guerre en 2006.
Je suis également mère de trois enfants qui ont grandi dans les établissements où je travaillais. Ils sont aujourd’hui adultes, au minimum trilingues, et vivent entre Munich, la Nouvelle-Zélande et La Réunion — pour le moment, car ils ont eux aussi hérité de cette mobilité. Leur parcours dit beaucoup de mon rapport au monde : je crois profondément que l’on peut être enraciné sans être immobile, et français tout en étant pleinement ouvert aux autres cultures.
C’est aussi cette histoire personnelle et professionnelle qui nourrit aujourd’hui mon engagement à Taïwan : mettre mon expérience au service des familles, des jeunes, des Français, des binationaux et de tous ceux qui cherchent à trouver leur place ici.
Je crois profondément que l’on peut-être enraciné sans être immobile, et français tout en étant pleinement ouvert aux autres cultures.
Juliette Kudlikowski
Comment es-tu arrivée à Taïwan et qu’est-ce qui t’a poussée à t’ installer sur l’île ?
Mon arrivée à Taïwan est à la fois le fruit d’une rencontre professionnelle forte et d’un véritable élan personnel pour revenir en Asie.
J’avais travaillé pendant quatre ans avec l’ancien directeur des classes primaires du Lycée Français de Taipei – Taipei European School, à l’époque où nous étions tous deux directeurs à Singapour. Nous étions restés en contact au fil des années, avec ce lien professionnel devenu naturellement plus durable et confiant.
Lorsque j’ai appris que son poste allait se libérer, les choses se sont faites assez naturellement : j’ai candidaté, et comme dans tout processus de recrutement classique, j’ai passé les différentes étapes.
Depuis Alexandrie, où j’exerçais alors, cet établissement me paraissait déjà remarquable. Et la réalité n’a fait que confirmer cette impression. J’ai été très attirée par l’énergie de l’école, son exigence, sa dynamique collective, mais aussi par la richesse du projet éducatif porté ici.
Au-delà du poste, il y avait aussi un attachement plus personnel : celui de retrouver une région du monde que j’affectionne profondément
Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la vie à Taïwan au quotidien ?
Ce que j’aime le plus dans la vie quotidienne à Taïwan, c’est avant tout la bienveillance et la gentillesse des Taïwanais. Dès mes premières semaines, alors que je consultais simplement Google Maps pour me repérer, j’ai été frappée par le fait que des personnes venaient spontanément me proposer leur aide, parfois en faisant un détour pour m’accompagner.
Cette attention portée aux autres, mais aussi aux détails du quotidien, m’impressionne profondément. J’apprécie également énormément la diversité du pays : la richesse des paysages, la nature omniprésente et la grande variété culturelle font de Taïwan un lieu de vie à la fois apaisant, stimulant et profondément humain.


Quels ont été les principaux défis que tu as rencontrés en t’installant ici, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel ?
Étonnamment, l’installation en elle-même n’a pas vraiment été un défi. Après plus de vingt ans passés à travailler à l’étranger, j’arrive désormais dans un pays avec deux valises — quitte à repartir souvent avec un peu plus. Le Lycée Français de Taipei – Taipei European School avait par ailleurs remarquablement bien préparé mon arrivée, en me trouvant un appartement très bien situé, meublé, dans lequel je vis toujours aujourd’hui. En revanche, un véritable défi personnel a été de « dépoussiérer » mon chinois, appris sur le tas entre 1999 et 2001 dans un village du sud de la Chine, et de réaliser très vite que cela ne suffisait plus.
Sur le plan professionnel, j’ai été extrêmement bien accueillie et épaulée, et la passation avec l’ancien directeur des classes primaires avait été très soigneusement menée. Le plus grand défi est finalement venu de la langue de travail : même si j’avais l’habitude de travailler régulièrement en anglais, le fait qu’elle devienne ma langue de travail à près de 90 % a généré une réelle fatigue intellectuelle durant les premières semaines
J’arrive désormais dans un pays avec deux valises — quitte à repartir souvent avec un peu plus.
Juliette Kudlikowski
En quoi consiste ton rôle de Directrice de la section primaire française de la TES ?
Mon rôle de directrice des classes primaires du Lycée Français de Taipei -Taipei European School est à la fois pédagogique, humain et stratégique. Il consiste d’abord à garantir la mise en œuvre exigeante du programme français dans un environnement véritablement bilingue français-anglais, tout en l’adaptant à ce contexte, avec un enseignement quotidien du chinois, en veillant à la cohérence des parcours et à la qualité des apprentissages. J’accompagne et soutiens les équipes enseignantes dans leurs pratiques, le développement de projets pédagogiques porteurs de sens et l’innovation éducative.
Une part importante de mon rôle est également relationnelle : être à l’écoute des élèves, des familles et des équipes, créer un climat de confiance et favoriser une communauté scolaire engagée et bienveillante. Enfin, je travaille en étroite collaboration avec la direction de l’école et les autres sections afin de contribuer à la dynamique globale de la TES, dans le respect de ses valeurs et de son identité européenne et internationale.
Qui sont les enfants scolarisés à la TES — section française ? Quel est leur profil ?
Les élèves scolarisés à la section française de la Taipei European School présentent un profil particulièrement riche et international. Environ 20 % sont de nationalité française, 35 % sont franco-taïwanais, 35 % sont taïwanais possédant une autre nationalité — le plus souvent canadienne ou américaine — et environ 10 % viennent d’autres horizons. Cette diversité constitue une véritable richesse culturelle au quotidien.
Ce sont aussi des élèves qui développent une multitude de talents, qu’ils soient sportifs, scientifiques, artistiques, oratoires ou liés à l’engagement citoyen. Nous attachons une importance particulière à l’épanouissement global de chaque enfant et cherchons à identifier, encourager et développer les talents de chacun, au-delà des seuls apprentissages académiques.
En maternelle, nous pouvons accueillir des enfants ne parlant ni français ni anglais grâce à un modèle transitionnel spécifique, qui valorise et renforce d’abord la langue maternelle, le plus souvent le chinois, afin de construire progressivement les deux langues de scolarisation de l’école primaire du Lycée Français de Taipei : le français et l’anglais. À partir du CP, nous accueillons également des élèves non francophones, à condition qu’ils maîtrisent l’anglais. Ils bénéficient alors de cours intensifs de français intégrés à l’emploi du temps, leur permettant une intégration progressive et sereine dans le cursus français bilingue.

Quels sont selon toi les grands avantages d’une école comme la TES pour les familles d’expatriés ?
Je commence souvent par dire aux familles qui découvrent l’école que j’aurais adoré que mes propres enfants — qui ont pourtant effectué toute leur scolarité dans des lycées français à l’étranger — aient eu la chance d’être scolarisés à la Taipei European School. Ils sont aujourd’hui de jeunes adultes, mais cette réflexion est sincère. La TES est une école à forte dimension européenne, unique par la richesse de son offre : trois sections, donc trois programmes distincts.
La section britannique, avec l’IPC au primaire et l’IB au secondaire ; la section allemande, qui suit le curriculum allemand ; et la section française — Lycée Français de Taipei — qui propose le programme français dans un cadre véritablement bilingue français-anglais, avec un enseignement quotidien du chinois et avec comme point de sortie le baccalauréat et le Baccalauréat Français International qui tous deux ouvrent les portes d’universités ou grandes écoles partout dans le monde.

Parmi les grands atouts de l’école, je citerais d’abord les valeurs fortes qu’elle porte et que nous mobilisons régulièrement auprès des élèves, la grande confiance qui leur est accordée, et le développement de leur autonomie. La maîtrise des langues, mais aussi des contenus et des cultures qui leur sont intrinsèquement liés, est un autre point essentiel. Les infrastructures sont impressionnantes, et les équipes éducatives remarquablement engagées, professionnelles et bienveillantes.
La pédagogie de projet donne du sens aux apprentissages : l’enfant apprend parce qu’il en a besoin pour mener à bien un projet concret. Enfin, au sein du Lycée Français de Taipei, la communauté de parents est particulièrement soudée, dynamique et investie, ce qui constitue un véritable atout pour les familles qu’elles soient résidentes ou expatriées. Les nouvelles familles sont particulièrement bien accueillies par les familles installées et le tissu social se développe en partant de l’école.
Comment accompagnes-tu les familles qui arrivent à Taïwan et qui doivent trouver leurs marques rapidement ?
Lorsqu’il s’agit de familles arrivant à Taïwan dans le cadre de l’école, mon premier réflexe est de les mettre en relation avec des familles déjà présentes. La solidarité se crée très naturellement, et cela permet aux nouveaux arrivants de trouver rapidement des repères. De mon côté, je reste bien sûr très disponible pour répondre à leurs questions et les conseiller, notamment sur le choix du quartier, afin de favoriser une vie sociale en lien avec l’école et les enfants.
Cela étant dit, il manque encore aujourd’hui un outil global pour faciliter l’installation des jeunes, des familles ou de toute personne arrivant à Taïwan, même si le Bureau Français de Taipei et l’Association des Français de Taïwan jouent déjà un rôle de soutien important. C’est précisément pour répondre à ce besoin que l’initiative portée par Amaury Chapelle me paraît essentielle : la création d’une plateforme sociale, sécurisée et collaborative au service de la communauté. J’ai eu la chance de rencontrer Amaury à Munich, où il travaillait dans le même domaine que mon fils,installé à Munich, et nous partageons le même désir d’œuvrer pour la communauté française et franco-taïwanaise.
Tu as récemment pris le rôle de Secrétaire de l’Association des Français de Taïwan — qu’est-ce qui t’a motivée à t’engager dans cette nouvelle responsabilité ?
Mon engagement au sein de l’Association des Français de Taïwan s’inscrit dans une histoire très personnelle et presque familiale. Le tissu associatif est quelque chose que j’ai profondément chevillé au corps. Mes grands-parents ont immigré en France depuis la Pologne entre les deux guerres, et j’ai grandi avec l’idée qu’il fallait « rendre » à la France et à la communauté française ce qui leur avait été donné : l’accueil, la solidarité, la possibilité de s’ancrer et de construire une vie.
Mon grand-père était très investi auprès des Polonais vivant ou arrivant en France ; il a longtemps été président du Congrès des Polonais de France, dont il faisait partie des fondateurs. Enfant, je voyais défiler chez mes grands-parents toutes ces personnes venues créer du lien : événements culturels, journal quotidien en polonais sur les actualités françaises, polonaises et internationales,, cours de français, entraide, initiatives internationales… etc… tout cela est resté imprimé dans mon cerveau…
Partout où je vis, j’essaie de m’engager pour les Français et les binationaux, que ce soit comme bénévole ou au sein d’associations existantes. Rejoindre le bureau de l’Association des Français de Taïwan répond exactement à cette même logique. Cela me permet aussi d’aller à la rencontre d’autres Français, au-delà du cercle professionnel, et de contribuer, à mon échelle, à faire vivre une communauté solidaire, active et accueillante.
Qu’est-ce qui te tient à coeur dans ton engagement auprès des Français expatriés ?
Ce qui me tient particulièrement à cœur dans mon engagement auprès des Français expatriés — et plus largement des familles binationales — c’est avant tout la notion de lien.
Je ne me limite pas à une communauté « française » au sens strict. La réalité sur le terrain est beaucoup plus riche et complexe : des couples mixtes, des enfants qui grandissent entre plusieurs cultures, des familles qui cherchent des repères parfois loin de leurs réseaux habituels. Dans ce contexte, l’isolement peut être discret mais bien réel.
Mon rôle, tel que je le conçois, est d’abord d’écouter, de soutenir et de créer des espaces de rencontre. Mettre en relation des personnes qui, parfois, ne se seraient jamais croisées, mais qui peuvent soit s’entendre naturellement, soit se porter un soutien précieux à un moment donné de leur parcours. Et puis, très sincèrement, savoir aussi m’effacer ensuite : laisser les liens vivre par eux-mêmes.
J’essaie également de faire bénéficier les compatriotes de mon expérience et de mon réseau, en particulier dans le domaine éducatif, qui me tient profondément à cœur. Les familles d’enfants à besoins éducatifs particuliers, notamment, rencontrent souvent des parcours plus complexes à l’étranger, moins visibles, parfois difficiles à décoder ou à faire reconnaître. Si je peux, à mon niveau, porter un dossier, faciliter un accès à l’information, à des ressources ou simplement à une orientation plus claire, alors cet engagement prend tout son sens.


Enfin, un autre axe important de mon engagement concerne le soutien aux femmes. Qu’elles soient isolées ou non, en recherche d’emploi ou pas, de passage ou dans une démarche d’installation, ou simplement en train de faire leurs premiers pas dans un nouvel environnement. Depuis mon arrivée à Taipei, j’ai ouvert régulièrement ma porte à des femmes en transition : voyageuses autour du monde, étudiantes en début de semestre avant d’obtenir leur logement, stagiaires, ou encore femmes ayant besoin d’un lieu sûr et bienveillant pour quelques jours. L’idée est simple : offrir un premier point d’ancrage, un espace de respiration, pour que ces débuts parfois déroutants soient un peu moins seuls. Et ces rencontres m’enrichissent aussi énormément, humainement.
Je me suis également engagée dans une mission d’îlotière ici à Taipei. Ayant vécu la guerre au Liban en juillet 2006, avant la création du Centre de crise et de soutien, ayant dû envoyer mes deux grands alors âgés de 8 et 4 ans seuls en bus avec des collègues pour rejoindre Istanbul depuis Beyrouth — j’étais alors enceinte de 8 mois et demi et dans l’impossibilité de partir — et ayant vu mon conjoint participer, nuit après nuit, à l’Ambassade pour recenser les compatriotes non inscrits au registre consulaire avant l’évacuation, cette expérience a profondément marqué ma vision du rôle de chacun en situation de crise.
J’ai aussi été évacuée en hélicoptère avec un bébé de 36 heures dans les bras. Cette histoire fait partie de moi, sans la comparer aux situations actuelles ni aux contextes différents, mais elle m’a appris une chose essentielle : l’importance du lien, de la coordination et de la présence humaine dans les moments d’incertitude.
C’est pour cela que je considère important d’être un relais, à mon niveau, des autorités françaises et du dispositif du BFT en cas de crise : rassurer, orienter, accompagner. Et que je ne répéterai jamais assez combien il est important de s’inscrire sur le registre consulaire! Même si, bien sûr, Taïwan n’est pas le Liban, et que les contextes n’ont rien de comparable.
Au fond, tout cela reste cohérent avec la même ligne : créer du lien, soutenir concrètement, et être présente là où cela peut compter.
Quels sont tes projets à court ou moyen terme ?
À court terme, mon objectif est de rendre mon engagement encore plus visible et plus structuré. C’est dans cette dynamique que j’ai choisi de rejoindre aux côtés d’Amaury Chapelle, basé à Taiwan, et de Grégory Defraize, basé à Séoul, une liste pour les élections consulaires de mai 2026, portée par Catherine Chinchiroca, Conseillère des Français de l’Etranger, afin de pouvoir m’impliquer de manière plus concrète et collective auprès des Français et des familles binationales installées à Taïwan.
Dans le prolongement de mon projet professionnel, j’ai aussi très envie de mieux connaître Taïwan dans toute sa diversité. Au-delà de Taipei, je souhaite explorer davantage le centre de l’île, les zones rurales et les petites villes, pour mieux comprendre les réalités du pays dans sa globalité, au plus près de ses habitants et de ses territoires.

À moyen, voire long terme, mon souhait est de m’installer durablement à Taïwan et d’y obtenir une APRC. Je m’y sens pleinement à ma place, à la fois sur le plan professionnel et personnel. C’est une forme d’équilibre que je mesure chaque jour avec beaucoup de gratitude — un luxe réel, que je ne prends pas pour acquis.
Cela n’enlève évidemment rien à la distance avec mes parents vieillissants, qui peut parfois être difficile à vivre. Mais cela fait aussi partie des choix de vie internationaux, avec leurs richesses et leurs fragilités, et j’essaie de les vivre avec lucidité et justesse
Si tu devais donner un conseil à un Français qui vient de s’installer à Taïwan, ce serait lequel ?
Si je devais donner un seul conseil à un Français qui vient de s’installer à Taïwan, ce serait de ne pas rester seul et de prendre le temps de s’ancrer, à la fois administrativement, humainement et culturellement.
Très concrètement, la première chose à faire est de s’inscrire sur le registre consulaire. C’est une démarche simple, mais essentielle, notamment en cas de difficulté ou de situation exceptionnelle. Je conseillerais aussi de se rapprocher du BFT, qui est un point de repère important pour les Français à Taïwan.
Ensuite, je recommande vivement de pousser la porte de l’Association des Français de Taïwan. Elle organise régulièrement des moments conviviaux qui permettent de rencontrer d’autres francophones, mais aussi des francophiles, d’échanger des expériences, de partager des informations utiles et, tout simplement, d’élargir son cercle dans un cadre chaleureux et bienveillant.
Enfin, apprendre le chinois, même modestement, est un vrai cadeau que l’on se fait à soi-même. Quelques mots, quelques bases suffisent déjà à changer le regard que l’on porte sur le pays, à créer des ponts avec les habitants et à se sentir plus à sa place. C’est une marque de respect, mais aussi une formidable clé d’intégration.
Peux-tu nous donner 3 lieux à découvrir à Taïwan loin des guides et de la ferveur touristique ?
Ce n’est pas la question la plus simple pour moi, car je connais encore surtout Taipei et je me laisse souvent happer par le rythme très prenant du travail. Mais justement, peut-être que cela rend ces découvertes encore plus précieuses, parce qu’elles sont liées à des moments choisis, partagés, vécus pleinement.
La première expérience que je recommande presque systématiquement — et que j’ai fait découvrir plusieurs fois à des proches de passage —, c’est le tronçon Hualien – Taitung à vélo. Trois jours, environ 220 kilomètres, et une succession de paysages absolument spectaculaires : océan, montagnes, rizières, villages, silences. C’est un condensé de Taïwan, très physique mais profondément apaisant. En octobre, lorsque les rizières deviennent dorées, la beauté est tout simplement saisissante.
À Taipei même, un lieu que je trouve étonnamment boudé — alors qu’il est magnifique et chargé de sérénité — est le National Revolutionary Martyrs’ Shrine. L’architecture, les jardins, le calme du lieu et la cérémonie de la relève de la garde en font un espace hors du temps, très différent des sites plus fréquentés de la capitale.
Enfin, plus qu’un lieu précis, je conseillerais de s’autoriser à sortir des axes évidents, à prendre un train régional, à s’arrêter dans une petite ville, à marcher sans objectif précis. Taïwan se révèle souvent dans ces moments-là, loin de la ferveur touristique, dans la douceur d’un paysage, une rencontre ou un simple détour.

L’essentiel à retenir
- 🌍 Une carrière internationale exceptionnelle dédiée à l’enseignement et à la direction d’écoles françaises sur trois continents.
- 🏫 La mission de garantir l’excellence d’un cursus bilingue exigeant pour les élèves de la section primaire de la TES.
- 🤝 Un engagement profond au sein de la communauté pour créer du lien social et lutter contre l’isolement des expatriés.
- 🛡️ Une expérience marquée par la gestion de crise au Liban, forgeant sa volonté d’être un relais solidaire à Taïwan.
- 🚲 Un coup de cœur pour la bienveillance locale et les paysages sauvages de l’île, notamment lors de traversées à vélo.

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