La dernière enquête internationale de Gallup agit comme un révélateur brutal. À l’échelle mondiale, Taïwan arrive en tête des pays où la politique et le gouvernement sont perçus comme le problème numéro un, avec 50 % des personnes interrogées partageant cette inquiétude. Un chiffre sans équivalent, qui place l’île devant les États-Unis, pourtant eux-mêmes engagés dans une période de turbulences institutionnelles inédites. Derrière ces données, se dessine un malaise plus profond : la fragilisation du contrat de confiance entre citoyens et institutions, dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus instable.
Sondage réalisé sur 1 000 personnes âgées de 15 ans et plus dans 107 pays entre mars et octobre 2025
Taïwan, une anxiété politique ancrée dans la réalité stratégique
La singularité taïwanaise ne tient pas à une crise interne isolée, mais à une pression sécuritaire permanente. Selon les analyses relayées par Associated Press, l’anxiété politique élevée observée à Taïwan reflète une situation exceptionnelle : une démocratie avancée confrontée à une menace militaire directe et constante de la part de la Chine. Dans ce contexte, la politique ne relève pas d’un débat abstrait, mais d’une question existentielle, intimement liée à la sécurité collective, à la souveraineté et à l’avenir du modèle démocratique taïwanais.
Les États-Unis, une démocratie inquiète d’elle-même
Si Taïwan occupe la première place, les États-Unis apparaissent comme un cas tout aussi préoccupant. Près d’un Américain sur trois cite la politique comme sa principale source d’angoisse, un niveau inhabituellement élevé parmi les pays à hauts revenus. Cette inquiétude dépasse les clivages partisans : elle touche la stabilité du système démocratique, la crédibilité des élections et la capacité réelle de mobilité sociale. Gallup souligne le caractère atypique de cette situation dans une démocratie historiquement perçue comme stable.
Autre pays : la Slovénie 34%, les États-Unis et l’Espagne affichant tous deux 33 %, la Corée du Sud 31 %, la Hongrie 28 %, le Bangladesh, la France et les Pays-Bas 22 % et la Finlande 20 %.

Polarisation, crises et usure institutionnelle
L’enquête couvre une période marquée par une accumulation de chocs politiques dans le monde : polarisation extrême, remise en cause des résultats électoraux, violences institutionnelles, et retour au pouvoir de figures politiques controversées. Pour le politologue Brendan Nyhan, ces dynamiques nourrissent un cercle vicieux : lorsque les citoyens doutent de leur avenir économique, ils deviennent plus enclins à tolérer, voire soutenir, l’érosion des règles démocratiques. L’angoisse politique n’est alors plus seulement émotionnelle, elle devient structurelle.
Le facteur générationnel et l’angoisse économique
L’étude révèle une fracture générationnelle nette. Chez les moins de 35 ans, les coûts de la vie, le logement et l’alimentation dominent largement les préoccupations, tandis que les plus de 55 ans se concentrent davantage sur la politique et la gouvernance. Cette dissociation est visible dans plusieurs pays riches confrontés à une crise du logement, notamment dans le monde anglo-saxon. Pour Gallup, cette tendance illustre un sentiment partagé par les jeunes générations : celui d’être exclues des bénéfices de la croissance, malgré des économies globalement prospères.
Quand la confiance s’effondre, l’anxiété s’installe
Les données historiques de Gallup montrent une évolution inquiétante. Jadis, la politique ne devenait une préoccupation majeure qu’en période de scandale national. Depuis les années 2000, cette inquiétude s’est installée durablement, atteignant aujourd’hui des niveaux comparables, voire supérieurs, à ceux de la période du Watergate. Le statisticien Frank Newport souligne un point central : les citoyens qui ne font plus confiance aux institutions sont deux fois plus nombreux à placer la politique au sommet de leurs angoisses. Une dynamique corrosive pour toute démocratie.
Une démocratie sous tension permanente
L’analyse converge vers un constat préoccupant : la perte de confiance agit comme un acide lent sur les systèmes démocratiques. Dans des sociétés fortement polarisées, accepter la défaite électorale ou la légitimité de l’alternance devient de plus en plus difficile. Pour Taïwan comme pour les États-Unis, l’anxiété politique ne relève plus d’un cycle passager, mais d’un état durable, appelant des réponses profondes en matière de gouvernance, transparence et cohésion sociale.
L’essentiel à retenir
- 🌍 Taïwan arrive en tête mondiale de l’anxiété politique selon Gallup.
- ⚠️ Cette inquiétude reflète une menace géopolitique réelle, pas un simple malaise interne.
- 🗺️ Les États-Unis suivent de près, signe d’une démocratie fragilisée.
- 👥 Une fracture générationnelle oppose anxiété économique et anxiété politique.
- 🏛️ La perte de confiance institutionnelle alimente durablement l’instabilité démocratique.
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