Droits des femmes à Taiwan : 8 reculs et zones d’ombre qui ont marqué l’année 2025

8 événements, qui en 2025, ont mis en lumière les inégalités de genre à Taïwan, ainsi que les défis que doivent surmonter les femmes.

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Le 8 mars, Taïwan aime rappeler qu’elle est une démocratie progressiste. Et sur le papier, l’île a de quoi convaincre : une présidente élue, l’un des taux de représentation féminine les plus élevés d’Asie, et une image internationale de société libérale. Mais derrière cette vitrine, les douze derniers mois racontent une autre histoire. Entre écart salarial record et obstacles législatifs, retour sur une année de tensions pour les droits des femmes à Taiwan.

Le « Equal Pay Day » recule encore

En février 2026, le ministère du Travail a confirmé ce que beaucoup pressentaient : l’écart salarial entre hommes et femmes ne se réduit plus. Il s’aggrave même légèrement.

Concrètement, les Taïwanaises ont dû travailler 59 jours supplémentaires pour gagner l’équivalent du salaire masculin annuel. Cela correspond à un écart de 16,1 %, un chiffre en hausse dans un contexte pourtant marqué par la croissance et des profits records dans l’industrie technologique.

Ce recul est révélateur. Il montre que la prospérité économique ne bénéficie pas automatiquement à tous  et que les mécanismes correctifs restent insuffisants face à des inégalités profondément enracinées.

Avortement : L’autonomie sous tutelle maritale

Taïwan est souvent cité comme un modèle progressiste en Asie. Pourtant, une disposition légale continue de surprendre : les femmes mariées doivent toujours obtenir le consentement de leur conjoint pour accéder à une IVG.

Cette exigence, régulièrement critiquée par les instances internationales, a de nouveau été dénoncée début 2026 par la Commission nationale des droits humains. Elle place, le droit des femmes à disposer de leur corps sous une forme de tutelle conjugale.

Déserts politiques au niveau local

Au parlement de Taïwan, les femmes occupent environ 41 % des sièges, un record régional. Mais cette avancée masque une réalité beaucoup moins équilibrée sur le terrain.

En 2026, plus de la moitié des districts locaux n’ont aucune femme élue. À l’échelle des cantons et des municipalités, la politique reste largement dominée par les hommes.

Ce déséquilibre n’est pas anodin : c’est précisément à ce niveau que se prennent les décisions les plus concrètes sur les transports, l’éducation, ou les politiques sociales. Autrement dit, là où la vie quotidienne se joue.

L’invisibilité des travailleuses domestiques migrantes

Taïwan dépend massivement des travailleuses domestiques étrangères, principalement originaires d’Indonésie, des Philippines ou du Vietnam. Elles sont plus de 200 000 sur l’île.

Pourtant, elles restent exclues de nombreuses protections fondamentales, notamment celles prévues par le Labour Standards Act. Pas de limitation claire du temps de travail, peu de garanties sur les jours de repos, et une dépendance structurelle vis-à-vis de leur employeur.

Ce système crée une zone grise juridique où les abus restent difficiles à dénoncer  et encore plus à corriger.

Tech et Semi-conducteurs : Un bastion masculin

Taïwan domine le monde des semi-conducteurs. Mais derrière ce succès industriel, les inégalités de genre sont particulièrement marquées.

Dans ce secteur stratégique, les écarts salariaux dépassent 40 % dans certains segments, et les femmes restent concentrées dans les fonctions administratives ou support. Les postes les plus valorisés : recherche, ingénierie, direction technique, restent majoritairement masculins.

Ce plafond de verre est d’autant plus significatif qu’il concerne le secteur le plus influent de l’économie taïwanaise.

Cyber-violences : L’explosion des Deepfakes

Avec la généralisation de l’IA, une nouvelle forme de violence s’est imposée : les deepfakes à caractère sexuel.

Début 2026, les autorités ont signalé une augmentation de 30 % des cas de violences numériques, visant très majoritairement des femmes. Images falsifiées, harcèlement en ligne, diffusion non consentie de contenus, ces attaques ont des conséquences bien réelles sur la vie professionnelle et personnelle des victimes.

La loi évolue, mais la technologie progresse plus vite que les protections.

La double journée reste la norme

Selon les dernières données du rapport Gender at a Glance 2025, les femmes taïwanaises continuent d’assumer 3,5 fois plus de travail domestique non rémunéré que les hommes.

Ce déséquilibre limite leur accès aux promotions, aux postes à responsabilité, et parfois même à la poursuite de leur carrière.

Ce phénomène, souvent invisible dans les statistiques économiques classiques, reste l’un des principaux freins à l’égalité réelle.

Précarité des femmes divorcées

Le divorce reste un facteur majeur de vulnérabilité économique pour les femmes à Taïwan.

Les études publiées en 2026 montrent que les femmes divorcées sont nettement plus exposées à la pauvreté, notamment en raison d’interruptions de carrière liées à la maternité et de mécanismes de soutien encore insuffisants.

La pension alimentaire et les dispositifs de garde d’enfants ne compensent pas pleinement ces déséquilibres structurels.

Une démocratie avancée, mais une égalité inachevée

Taïwan reste l’une des sociétés les plus avancées d’Asie en matière de droits civiques. Mais l’année écoulée rappelle une réalité universelle : les progrès politiques ne suffisent pas à effacer les inégalités économiques, sociales et culturelles.

Les obstacles ne sont pas toujours visibles. Ils se cachent dans les écarts de salaire, dans les lois inchangées, dans la répartition du travail domestique ou dans l’accès inégal aux opportunités.

Ce sont ces mécanismes silencieux, plus que les grandes lois ou les symboles, qui déterminent la réalité de l’égalité.

Et aujourd’hui, à Taïwan comme ailleurs, ce combat est loin d’être terminé.

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À propos de l'auteur

  • Actuellement en échange universitaire à Taipei pour un an, je suis très intéressée par le journalisme et curieuse d’en découvrir toujours plus sur Taïwan. À travers mes articles, je vous propose un regard à la fois sérieux et léger sur des sujets variés liés à cette île.

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