À Taïwan, la question des pièges à collets (snare traps) suscite une mobilisation croissante au sein de la société civile. Le 6 décembre dernier, des militants pour les droits des animaux se sont réunis à Banqiao, dans la ville de New Taipei, afin de demander la fin de l’utilisation de ces dispositifs, largement critiqués pour leur caractère cruel et non sélectif. Cette mobilisation illustre une évolution plus large du rapport aux animaux dans la société taïwanaise contemporaine, où les enjeux de bien-être animal occupent une place de plus en plus centrale dans le débat public.
Une mobilisation symbolique au cœur de l’espace urbain
Le rassemblement, organisé par la Taiwan One Ecology Coalition, s’est tenu au parc animalier de Huajiang, un espace habituellement dédié aux chiens. Plusieurs dizaines de participants étaient présents, parmi lesquels de nombreux propriétaires accompagnés de chiens mutilés à la suite d’accidents impliquant des pièges à collets. Certains de ces animaux provenaient notamment de refuges du comté de Nantou, région régulièrement citée pour le nombre élevé de chiens errants victimes de ces dispositifs.
La présence de chiens amputés, parfois à trois pattes ou moins, a constitué un élément visuel fort, visant à rendre concrètes les conséquences de l’usage des pièges à collets. Cette mise en scène volontairement sobre mais percutante cherchait à sensibiliser le public à une réalité souvent invisible, en particulier pour les habitants des zones urbaines.
Des dispositifs dangereux pour la faune domestique et sauvage
Les pièges à collets sont dénoncés pour leur impact indiscriminé sur les animaux. Contrairement à d’autres méthodes de capture, ces dispositifs ne ciblent pas une espèce précise. Chiens errants, animaux domestiques, mais aussi faune sauvage protégée peuvent en être victimes. Parmi les espèces concernées figurent notamment l’ours noir de Formose et le chat-léopard de Taïwan, tous deux classés comme espèces menacées.
Selon les données évoquées lors du rassemblement, une part significative des décès récents d’ours noirs de Formose serait liée, directement ou indirectement, à l’usage de pièges à collets, parfois combinés à des pratiques de chasse illégales. Les animaux pris au piège tentent généralement de se libérer, ce qui resserre progressivement le dispositif et provoque des blessures graves, souvent fatales après plusieurs jours d’agonie.
Un cadre réglementaire encore insuffisant
Les autorités taïwanaises ont engagé certaines initiatives visant à réduire la dangerosité des pièges à collets, notamment par l’introduction de modèles dits « non létaux » ou limitant les risques d’amputation. Toutefois, ces dispositifs restent minoritaires sur le marché. Les pièges les plus dangereux, souvent moins coûteux, demeurent largement accessibles via des plateformes de commerce en ligne.
Il convient également de noter que l’usage généralisé des pièges à collets constitue un phénomène relativement récent à Taïwan, apparu principalement au cours de la dernière décennie. Cette absence de tradition renforce les arguments des militants, qui estiment que leur interdiction totale ne remettrait pas en cause des pratiques culturelles profondément ancrées.
Sensibilisation, prévention et responsabilité collective
Lors du rassemblement, des représentants du service de protection animale de New Taipei ont présenté de nouveaux systèmes d’alerte et de signalement permettant aux citoyens de notifier la présence de pièges illégaux. Les participants ont également été encouragés à signaler la vente de dispositifs non conformes et à adopter des pratiques de prévention, notamment en tenant les animaux domestiques en laisse.
Ces actions s’inscrivent dans une logique de responsabilité collective, où la protection animale ne relève pas uniquement de l’action publique, mais également de l’engagement des citoyens et des propriétaires d’animaux.
Un enjeu sociétal et politique transversal
La mobilisation a également reçu un soutien politique, avec la présence d’une élue locale du Parti démocrate progressiste (DPP). L’absence de représentants du Kuomintang (KMT) n’a toutefois pas été interprétée comme un rejet partisan, la cause étant largement perçue comme transversale et non idéologique.
Plus largement, cette mobilisation s’inscrit dans une évolution des mentalités à Taïwan, où les animaux de compagnie sont de plus en plus considérés comme des membres à part entière du foyer, parfois qualifiés de « fur children ». Cette transformation du lien homme-animal alimente une remise en question des pratiques jugées incompatibles avec les valeurs contemporaines de bien-être et de respect du vivant.
🔎 À retenir
- 🐕 Les pièges à collets causent des blessures graves et souvent mortelles
- 🐻 Des espèces protégées sont directement menacées
- ⚖️ Le cadre réglementaire reste partiellement inefficace
- 🧑🤝🧑 La mobilisation citoyenne gagne en visibilité
- 🌱 Le rapport aux animaux évolue profondément à Taïwan

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