Alors que Taïwan est officiellement entrée dans une société hypervieillissante, la question des violences envers les personnes âgées reste largement invisible dans le débat public. À Taoyuan, les données récentes révèlent une hausse continue des signalements, mais aussi l’existence d’un important angle mort statistique, laissant craindre que de nombreux cas demeurent non déclarés, souvent au sein même du cadre familial.
Une hausse continue des signalements, mais une réalité bien plus large
Selon le Centre de prévention des violences familiales et sexuelles de Taoyuan, les signalements de maltraitance envers les seniors sont passés de 1 430 cas en 2022 à 1 846 en 2024, illustrant une augmentation constante sur trois ans. Les formes de violences recensées sont principalement psychologiques (47 %) et physiques (40 %), mais le fait le plus préoccupant demeure l’identité des agresseurs : près de 60 % sont des membres directs de la famille, notamment des enfants ou petits-enfants, dans une relation dite « du plus jeune vers l’aîné ». Cette réalité met en lumière une violence intrafamiliale, souvent silencieuse et difficile à détecter.
Un écart massif entre les cas déclarés et la réalité estimée
Sur la base d’une prévalence nationale de 7,99 % établie par le ministère taïwanais de la Santé, les autorités estiment que près de 29 000 personnes âgées pourraient être victimes de violences à Taoyuan. Comparé à ce chiffre, le nombre de dossiers officiellement signalés reste largement insuffisant, révélant l’existence d’un volume important de cas non recensés, communément appelé « chiffre noir ». Cette situation signifie que la majorité des seniors exposés à des violences continuent de vivre sans protection ni accompagnement institutionnel.
Le poids du silence familial et de la dépendance
Les autorités locales expliquent cette sous-déclaration par plusieurs facteurs profondément ancrés dans la société. Beaucoup de personnes âgées hésitent à signaler les violences par peur de “salir l’image de la famille”, par attachement affectif envers leurs proches ou par crainte de représailles et de perte de soutien matériel. D’autres considèrent encore les insultes, la négligence ou la spoliation financière comme de simples “affaires domestiques”, ou estiment qu’« à leur âge, il faut endurer ». À cela s’ajoutent des difficultés liées au déclin cognitif, à l’isolement social, à la dépendance économique et au manque d’accès à l’information.
Une violence liée aussi à l’épuisement des aidants
Les services sociaux soulignent que certaines situations de maltraitance trouvent leur origine dans des conditions de prise en charge dégradées. Le burn-out des aidants familiaux, la pression financière, le manque de formation aux soins gériatriques et une méconnaissance du vieillissement peuvent conduire à des comportements inadaptés, voire violents. Dans ces contextes, les difficultés du quotidien se transforment progressivement en violence verbale, psychologique ou physique, sans toujours être perçues comme telles par l’entourage.
Passer d’une logique de signalement à une prévention active
Face à ce constat, le centre de protection familiale de Taoyuan plaide pour un changement de paradigme, en passant d’un système fondé sur le signalement a posteriori à une prévention proactive ancrée dans les communautés locales. Des actions de sensibilisation communautaire sont menées pour aider les citoyens à reconnaître les signes de violence, de négligence ou d’exploitation économique. En parallèle, des volontaires, aidants à domicile et responsables associatifs sont formés pour repérer les situations à risque lors de visites régulières, permettant une intervention précoce avant que la violence ne s’aggrave.
Dans un Taïwan vieillissant, cette problématique pose un défi majeur de cohésion sociale : protéger les aînés ne relève plus uniquement de la sphère familiale, mais devient une responsabilité collective, appelant à renforcer les filets de sécurité sociale, la prévention locale et la reconnaissance institutionnelle d’un phénomène encore trop souvent tu.
🧠 L’essentiel à retenir
- 👵 Les violences envers les personnes âgées augmentent à Taoyuan, dans un contexte de vieillissement accéléré de la société taïwanaise.
- 📈 Les signalements progressent chaque année, mais restent très en deçà du nombre réel de victimes estimées, révélant un important “chiffre noir”.
- 🏠 Près de 60 % des auteurs sont des membres directs de la famille, soulignant le caractère intrafamilial et silencieux de ces violences.
- 🤐 Le silence des victimes s’explique par la honte, la dépendance et la peur, mais aussi par une banalisation culturelle de certaines formes de maltraitance.
- 😞 L’épuisement des aidants familiaux et le manque de formation contribuent également à des situations de violence.
- 🛡️ Les autorités locales plaident pour un passage de la réaction à la prévention, via une action communautaire proactive et un meilleur repérage précoce.

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