La Révolution chinoise de 1911 et la fin de la Chine impériale

De la chute des Qing à Taïwan, la Révolution de 1911 reste un héritage historique et identitaire majeur qui façonne le monde actuel
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La Révolution chinoise de 1911, également appelée Révolution Xinhai, mit fin à la dernière dynastie impériale de Chine, la dynastie Qing, et aboutit à l’établissement de la République de Chine. Son succès entraîna l’effondrement de l’empire après plus de deux millénaires de régime impérial et marqua le début de la première ère républicaine en Chine. Il s’agit d’un tournant majeur de l’histoire chinoise, qui vit l’abolition du système impérial des Qing vieux de 267 ans, au profit d’un État républicain. La portée de cette révolution dépasse la Chine continentale : aujourd’hui encore, les gouvernements rivaux de Pékin (République populaire de Chine) et de Taipei (République de Chine – Taïwan) se réclament tous deux les successeurs légitimes de la Révolution de 1911, en honorant ses idéaux nationalistes, républicains, modernisateurs et unitaires.

Aux origines politiques et sociales de la révolution

Plusieurs facteurs profonds expliquent l’émergence du mouvement révolutionnaire de 1911. À la fin du XIXème siècle, l’empire Qing se trouve affaibli par les ingérences étrangères et les défaites militaires. Les Guerres de l’opium contre les puissances occidentales au milieu du siècle se soldent par la cession de Hong Kong, l’ouverture forcée de ports au commerce international et l’établissement de concessions étrangères bénéficiant de l’extraterritorialité. La défaite de la Chine face au Japon en 1895 aggrave la situation : l’empire doit céder Taïwan et une partie de la Mandchourie, tout en perdant son influence sur la Corée. Ces humiliations alimentent un fort sentiment nationaliste au sein de la population chinoise, tandis qu’un mécontentement grandissant vise la dynastie Qing elle-même, perçue comme « étrangère » (d’origine mandchoue) et incapable de défendre les intérêts de la nation.

Shanghai pendant la révolution – Copyright : Wiki Commons

En réponse aux crises, le régime Qing tente en dernier recours, mais sans conviction, des réformes politiques et sociales, sans parvenir à apaiser la colère populaire. Après 1900, le pouvoir impérial abolit l’ancien système des examens mandarins et engage certaines réformes constitutionnelles limitées, comme la création d’assemblées provinciales élues. Il essaye également de moderniser l’armée et l’administration. Cependant, ces changements arrivent trop tard et se heurtent aux conservateurs de la cour impériale qui freinent les innovations jugées trop radicales, tandis que les réformateurs les estiment au contraire trop timorées. Le fossé se creuse entre le régime et de larges pans de la société.

Des groupes révolutionnaires clandestins émergent dans le sud de la Chine, s’appuyant notamment sur des sociétés secrètes et sur l’appui financier des communautés chinoises d’outre-mer (diasporas en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord) pour préparer la chute des Qing. Sun Yat-sen, figure de proue du mouvement républicain, fonde en 1905 l’Alliance révolutionnaire (Tongmenghui) qui milite pour le renversement de la dynastie et l’établissement d’un gouvernement républicain national. À plusieurs reprises entre 1895 et 1911, des soulèvements armés anti-Qing éclatent – souvent dans le sud du pays – sous l’impulsion de ces révolutionnaires, mais ils sont réprimés par l’armée impériale.

Au-delà de la volonté de repousser la domination étrangère et de restaurer la fierté nationale, la révolution puise aussi ses origines dans des griefs socio-économiques. Le début du XXème siècle est marqué par des catastrophes naturelles (telle la crue dévastatrice du Yangzi Jiang en 1911) et par la misère paysanne, pour lesquelles le gouvernement impérial est jugé défaillant. En mai 1911, la nationalisation par Pékin des chemins de fer, jusqu’alors financés par des élites locales, déclenche une crise majeure. Les notables chinois, particulièrement dans la province du Sichuan, s’insurgent contre des indemnités qu’ils estiment insuffisantes après la confiscation de leurs investissements ferroviaires. Des comités de protection des chemins de fer se constituent et leurs manifestations sont réprimées, faisant des victimes et radicalisant l’opposition au régime. Ce Mouvement de protection des voies ferrées catalyse le mécontentement populaire et affaiblit davantage l’autorité des Qing à la veille de la révolution.

Le déroulement de la Révolution de 1911

Le point de rupture survient à l’automne 1911. Le 10 octobre 1911, des soldats de la Nouvelle Armée impériale stationnés à Wuchang (dans la province du Hubei) se mutinent et prennent le contrôle de la ville. Ce soulèvement de Wuchang sert d’étincelle : dès le lendemain, les insurgés proclament la sécession de la province du Hubei, forment un gouvernement militaire révolutionnaire local dirigé par le général Li Yuanhong, et lancent un appel à l’insurrection dans les autres provinces. L’embrasement est rapide. Dans les semaines qui suivent, une à une, de nombreuses provinces du sud, du centre puis de l’ouest de la Chine déclarent leur indépendance vis-à-vis du pouvoir Qing. Dès le 22 octobre, le Hunan se soulève et chasse le gouverneur impérial de Changsha ; le même jour, une insurrection éclate au Shaanxi, dont la capitale Xi’an tombe aux mains des révolutionnaires le 23. D’autres révoltes provinciales suivent en cascade : Jiangxi, Shanxi, Yunnan, Guizhou, Guangxi, Fujian, Guangdong – autant de provinces qui, entre fin octobre et début novembre 1911, font défection et passent du côté révolutionnaire. À la fin du mois de novembre, la quasi-totalité de la Chine au sud du Yangzi échappe au contrôle impérial.

Le gouvernement rebelle du Hubei – Copyright : Wiki Commons

Face à cette insurrection généralisée, le gouvernement Qing, pris de court, rappelle d’urgence son meilleur général, Yuan Shikai, et le nomme le 14 octobre 1911 au poste de Premier ministre impérial avec les pleins pouvoirs pour mater la rébellion. Yuan Shikai, ancien commandant de la puissante armée du Nord (armée de Beiyang), dispose de troupes bien entraînées et parvient initialement à reprendre l’initiative militaire : il reconquiert Hankou (Wuhan) lors de la bataille de Yangxia fin octobre. Cependant, pragmatique et voyant la dynastie Qing discréditée et isolée internationalement depuis l’échec de la répression des Boxeurs, Yuan Shikai entame parallèlement des négociations secrètes avec les chefs révolutionnaires dès le début du mois de novembre. Conscient que le vent a tourné, le général cherche à ménager sa propre ascension politique dans le camp républicain. Le 9 novembre, un émissaire des insurgés entre en contact avec Yuan et lui offre la présidence du futur régime s’il accepte de se rallier à la cause révolutionnaire.

Pendant ce temps, les révolutionnaires s’organisent politiquement dans les territoires qu’ils contrôlent. Fin novembre 1911, des délégués de dix-sept provinces insurgées se réunissent en conférence à Wuchang, puis à Nankin, afin d’établir un gouvernement central provisoire unifié. Un débat s’engage sur les symboles du nouveau régime : certains délégués prônent l’adoption du drapeau bleu à soleil blanc (emblème du Tongmenghui de Sun Yat-sen), mais c’est finalement le drapeau à cinq couleurs qui est choisi comme pavillon national provisoire. Composé de bandes horizontales représentant les Han (rouge), les Mandchous (jaune), les Mongols (bleu), les Hui musulmans (blanc) et les Tibétains (noir), ce drapeau multicolore symbolise l’union de toutes les ethnies de Chine au sein de la République, atténuant ainsi le discours initialement très anti-mandchou de la révolution. Par compromis et apaiser les représentants de Sun Yat-Sen qui n’était pas présent, le motif « ciel bleu à soleil blanc » est retenu comme drapeau de la marine de la jeune République.

LE drapeau aux 5 couleurs – Copyright : Wiki Commons

Le 25 décembre 1911, Sun Yat-sen, chef de file des révolutionnaires en exil, rentre précipitamment en Chine après avoir passé les mois précédents à récolter des soutiens et des fonds à l’étranger (il apprit le déclenchement de la révolution depuis Denver, aux États-Unis). À son arrivée à Shanghai, Sun est accueilli en héros par les républicains. Le 29 décembre, l’assemblée des délégués provinciaux réunis à Nankin l’élit à l’unanimité président provisoire de la République naissante. Le 1er janvier 1912, Sun Yat-sen proclame officiellement la République de Chine, dont Nankin devient la capitale provisoire. Dans son discours inaugural, il célèbre la « restauration du gouvernement du peuple chinois » après la tyrannie mandchoue et appelle à l’unification de tous les peuples de l’ex-Empire (Han, Mandchous, Mongols, Hui, Tibétains) au sein de la nouvelle République. Ce message vise à légitimer le régime républicain aux yeux des diverses composantes ethniques du pays, en dépassant le seul nationalisme han.

Chute de la dynastie Qing et proclamation de la République

Après la formation du gouvernement provisoire révolutionnaire à Nankin, la dynastie Qing ne contrôle plus réellement que les provinces du nord autour de Pékin et la Manchourie. Yuan Shikai, comprenant que son avenir politique se joue désormais du côté républicain, intensifie ses tractations avec les insurgés. Sun Yat-sen de son côté accepte, par sens du compromis, de céder la présidence à Yuan si ce dernier obtient l’abdication de l’empereur Qing encore en place. Yuan Shikai profite de sa position charnière pour faire pression sur la cour impériale. Il convainc l’impératrice douairière Longyu – tutrice du jeune empereur Puyi, âgé de six ans – qu’il ne peut garantir la sécurité de la famille impériale en cas de refus de la révolution, agitant la menace d’un bain de sang si la guerre civile se prolonge. Sous cette pression, la régente accepte les conditions proposées : l’empereur abdique mais reçoit des garanties, telles que le maintien temporaire de son titre, le droit de résider dans la Cité interdite avec une pension confortable et la conservation de ses serviteurs.

L’impératrice douairière à la veille de la révolution – Copyright : Wiki Commons

Le 12 février 1912, un édit impérial proclame l’abdication de l’empereur Puyi, mettant officiellement fin à la dynastie Qing et à plus de 2 000 ans de régime impérial en Chine. Cet acte historique, arraché sans effusion de sang majeure à Pékin, consacre la victoire de la révolution.

Conformément aux accords passés, Sun Yat-sen renonce à son poste et Yuan Shikai est désigné par l’assemblée comme nouveau Président de la République de Chine. Le 10 mars 1912, Yuan prête serment à Pékin et forme un gouvernement reconnu par les puissances étrangères. La jeune République cherche alors à stabiliser le pays et à consolider ses institutions. En août 1912, les diverses organisations révolutionnaires, dont le Tongmenghui, se fusionnent au sein d’un nouveau parti politique au pouvoir : le Kuomintang (KMT, Parti nationaliste chinois). Des élections parlementaires sont organisées en début 1913, remportées par le Kuomintang, et son meneur Song Jiaoren semble en passe de devenir Premier ministre.

Cependant, l’assassinat de Song en mars 1913 – largement attribué à des agents de Yuan Shikai – dévoile au grand jour, les luttes de pouvoir persistantes au sommet de l’État. Yuan, homme fort du régime, ne tarde pas à concentrer l’autorité entre ses mains, allant jusqu’à dissoudre le Parlement. En décembre 1915, il commet l’erreur fatale de se proclamer empereur à Pékin, tentant de rétablir une monarchie éphémère sous le nom d’« empereur Hongxian ». Cette tentative suscite une opposition généralisée des gouverneurs provinciaux et de l’armée, forçant Yuan à abdiquer son trône impérial dès mars 1916. Il meurt quelques mois plus tard, en juin 1916, sans avoir réussi à établir un pouvoir républicain stable et légitime sur l’ensemble du pays.

Yuan Shikai, le premier seigneur de guerre – Copyright : Wiki Commons

La disparition de Yuan Shikai plonge la Chine dans une période de fragmentation politique : les seigneurs de la guerre (généraux locaux) s’emparent du pouvoir dans différentes régions, inaugurant une ère de division et de seigneuries militaires qui perdurera durant les années 1910 et 1920. Néanmoins, la Révolution de 1911 a aboli le principe impérial en Chine de manière irrémédiable. La dynastie Qing n’existe plus et aucune autre dynastie ne lui succédera. Malgré l’instabilité qui suit, l’idée républicaine prend racine et la République de Chine (RDC) demeure, du moins nominalement, le régime reconnu sur la scène internationale tout au long des décennies suivantes. Son gouvernement, dominé par le Parti nationaliste (KMT) de Sun Yat-sen puis de Chiang Kai-shek, s’efforcera de réunifier le pays et de mener à bien la modernisation nationale – objectifs seulement partiellement atteints avant la prochaine grande convulsion de l’histoire chinoise, la révolution communiste de 1949.

Répercussions à Taïwan : l’héritage de 1911 dans la construction identitaire après 1949

La chute de l’empire Qing et la fondation de la République de Chine en 1912 ont eu un écho particulier à Taïwan, bien que l’île suivît alors un destin différent de celui du continent. En 1911, Taïwan se trouve sous domination japonaise depuis sa cession à l’empire du Japon en 1895, et les habitants de l’île ne participent pas directement à la Révolution Xinhai. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, en 1945, que Taïwan est restituée à la République de Chine. Puis, en 1949, Taïwan devient le refuge du gouvernement nationaliste chinois vaincu par les communistes de Mao Zedong sur le continent. À partir de cette date, l’histoire de la République de Chine se confond largement avec celle de Taïwan, gouvernée pendant des décennies par le régime du Kuomintang en exil.

Le pouvoir nationaliste implanté à Taïwan après 1949 revendique explicitement l’héritage de la Révolution de 1911, qu’il érige en fondement de sa légitimité. Sun Yat-sen, le héros révolutionnaire et premier président provisoire de 1912, est élevé au rang de « Père de la Nation » (國父 Guófù) dans la mythologie politique taïwanaise sous le KMT. En 1954, une loi impose même que son portrait soit affiché dans tous les bâtiments publics de l’île. Les références à 1911 abondent dans la symbolique d’État : la fête nationale célébrée chaque 10 octobre à Taïwan, appelée Double-Dix (雙十節), commémore le soulèvement du 10/10/1911 à Wuchang qui entraîna la chute des Qing. De même, le drapeau et l’hymne officiels de la République de Chine – utilisés à Taïwan – proviennent de l’ère nationaliste et se rattachent aux idéaux de la révolution républicaine.

Sous le régime autoritaire du généralissime Chiang Kai-shek puis de son fils Chiang Ching-kuo, le discours historique exalte la continuité entre 1911, la résistance aux Japonais, la lutte anticommuniste et la « mission » du gouvernement de la République de Chine de reconquérir un jour le continent. L’éducation, la toponymie et les rituels civiques intègrent l’héritage de 1911 : le nom de Sun Yat-sen est attribué à de nombreuses artères, écoles et institutions, son effigie figure sur les billets de banque en nouveau dollar taïwanais, et un Mémorial national lui est consacré au cœur de Taipei. En somme, dans la seconde moitié du XXème siècle, l’identité officielle promue à Taïwan est celle d’une Chine républicaine en exil, fidèle aux idéaux du soulèvement anti-impérial de Sun Yat-sen.

Cependant, l’évolution politique et sociale de Taïwan amène, avec le temps, une transformation sensible du rapport à cet héritage. À partir de la fin des années 1980, Taïwan s’engage dans un processus de démocratisation qui voit la fin de la loi martiale (1987), la libéralisation de la vie publique et l’essor d’une nouvelle conscience identitaire taïwanaise. La population locale, majoritairement d’ethnie chinoise Han mais fortement attachée à l’histoire et à la culture propres de l’île, commence à distinguer son identité de celle de la « Chine » continentale. Dans ce contexte, la narrative officielle centrée sur 1911 et le destin chinois unifié est réévaluée de manière critique. Une partie croissante des Taïwanais considère Sun Yat-sen et la République de 1912 comme faisant partie de l’histoire de la Chine plutôt que de celle de Taïwan en tant que telle.

En effet, Sun Yat-sen est mort en 1925, bien avant que le gouvernement du KMT ne se replie à Taïwan ; à ce titre, certains le perçoivent comme un personnage étranger, importé symboliquement par le régime du Kuomintang. Les nouvelles générations, nées sur l’île et n’ayant connu que l’environnement taïwanais, se sentent moins liées affectivement aux symboles de la République de Chine. Les célébrations du Double-Dix, les portraits obligatoires de Sun Yat-sen ou les statues de dirigeants nationalistes font ainsi l’objet d’un désintérêt, voire de contestations. Des militants pro-indépendance vont jusqu’à vandaliser certaines statues de Sun Yat-sen ou de Chiang Kai-shek, dénonçant le poids d’un héritage imposé par un « État extérieur » à la société taïwanaise.

Malgré l’affirmation d’une identité taïwanaise distincte, Taïwan continue d’utiliser l’appareil symbolique hérité de 1911, en partie par pragmatisme politique. Officiellement, le régime en vigueur reste celui de la République de Chine fondée en 1912, bien que restreint au seul territoire de Taïwan. Changer ce nom ou ces symboles équivaudrait à déclarer une indépendance formelle de « République de Taïwan », ce qui provoquerait l’ire de Pékin. Sous les présidences récentes, y compris celle de Tsai Ing-wen (Parti démocrate-progressiste, ouvertement favorable à une identité taïwanaise), le gouvernement a donc conservé les attributs de la République de Chine tout en les adaptant progressivement au contexte local. Cette situation a été décrite comme le maintien d’une « coquille » : l’État taïwanais emprunte encore les symboles et le cadre juridique de la République de Chine, faute de pouvoir en changer officiellement, mais il en a substantiellement réinterprété le sens.

Depuis la fin du XXème siècle, on assiste ainsi à une « taïwanisation » de cet héritage : la fête nationale du 10 octobre est toujours célébrée, mais on met davantage en avant des éléments culturels taïwanais (musique, arts locaux, images de l’île) plutôt que les figures historiques chinoises controversées. Les autorités vont même jusqu’à présenter à l’international le 10 octobre comme la « fête nationale de Taïwan », là où en chinois il demeure intitulé « fête nationale de la République de Chine ». Ce glissement sémantique traduit l’ajustement identitaire en cours. Par ailleurs, la démocratisation a atténué la portée émotionnelle des symboles de 1911 pour la jeune génération : beaucoup de jeunes Taïwanais utilisent encore le drapeau au Soleil blanc sur champ bleu et rouge (héritier de l’époque du KMT en Chine) pour représenter Taïwan lors d’événements sportifs ou internationaux, sans forcément adhérer à sa signification historique initiale. Au fil du temps et par la force des choses, ces symboles venus du continent sont en partie réappropriés et intégrés dans la réalité taïwanaise, même s’ils restent débattus.

Passeport Taiwanais – Copyright : CNA

En définitive, l’héritage de la Révolution de 1911 à Taïwan a connu plusieurs phases : intégré et exalté par le régime du KMT comme socle de légitimité (1949-1980s), puis contesté et nuancé avec la montée d’une identité taïwanaise autonome (années 1990-2000), et enfin transformé par une appropriation progressive adaptée au contexte insulaire contemporain. Taïwan continue de célébrer la naissance de la République de Chine comme sa fête nationale, mais le sens de cette commémoration s’est métamorphosé. Pour les uns, elle rappelle le lien historique avec la Chine et l’idéal républicain de Sun Yat-sen ; pour les autres, elle n’est qu’une formalité symbolique à laquelle on prête un sens nouveau, celui des valeurs démocratiques et de la prospérité de Taïwan elle-même. Ce décalage reflète les tensions identitaires entre l’héritage chinois et la réalité taïwanaise moderne.

🧠 5 points à retenir

  • 📜 La Révolution de 1911 met fin à plus de 2 000 ans de Chine impériale
  • 🗺️ Elle fonde la République de Chine sur des principes modernes
  • ⚔️ La chute de l’Empire n’apporte pas immédiatement la stabilité
  • 🗺️ À Taïwan, l’héritage de 1911 devient un pilier politique après 1949
  • 🔄 Cet héritage évolue avec la démocratisation et l’identité taïwanaise

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À propos de l'auteur

  • Luc

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